Thèse soutenue

Penser les injustices de genre. Approche par les violences sexuelles

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Auteur / Autrice : Marie-Pauline Chartron
Direction : Alain Renaut
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Philosophie
Date : Soutenance le 17/12/2018
Etablissement(s) : Sorbonne université
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Concepts et langages (Paris ; 2000-....)
Partenaire(s) de recherche : Equipe de recherche : Rationalités contemporaines (Paris)
Jury : Président / Présidente : Hélène L'Heuillet
Examinateurs / Examinatrices : Éric Fassin, Estelle Ferrarese

Mots clés

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Résumé

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Comment rendre intelligibles les injustices de genre dans toute leur extension ? Cette démarche de philosophie politique appliquée conduit à en tenter l’approche par les violences sexuelles comprises comme extrémisation de ces injustices. Dans une première partie, les limites de l’apport des théories de la justice sont mises en lumière à travers le féminisme libéral complexe de Susan Okin, qui centre sur les injustices de genre dans le travail et dans la famille. L’examen des évolutions de son questionnement y fait apparaître l’intuition de certaines exigences pour penser les violences sexuelles comme injustices, laissées par elle inexplorées. La deuxième partie, centrée sur des études contextuelles, est consacrée à des phénoménalisations de ces violences dans la société contemporaine. À partir de la théorisation du genre par Catherine MacKinnon comme domination sexualisée, et à l’aide des données fournies par des travaux d’anthropologie, se trouvent investiguées les violences hétérosexuelles entre adultes et les violences sexuelles intrafamiliales. De ce moment d’expérimentation la domination genrée ressort comme fonction dynamique des violences sexuelles. Une ultime étape explore des remédiations. Deux pratiques collectives de réparation et de prévention ouvrent sur une éthique féministe de la reconstruction dont la portée politique fait surgir les violences comme injustices structurelles. Des travaux d’Iris M. Young sont dégagées les exigences d’une prise en charge sociale de telles injustices. Le geste est amorcé enfin d’une reconstruction normative traçant les contours d’une justice non seulement distributive et réparatrice, mais aussi transformative.