L’écriture des passions dans les Mémoires du duc de Saint-Simon
| Auteur / Autrice : | Damien Crelier |
| Direction : | Patrick Dandrey |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Littérature et civilisation française |
| Date : | Soutenance le 13/01/2018 |
| Etablissement(s) : | Sorbonne université |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Littératures françaises et comparée (Paris ; 1992-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre d'étude de la langue et des littératures françaises (1998-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Marc Hersant |
| Examinateurs / Examinatrices : Jacques Berchtold, Emmanuèle Lesne-Jaffro, François Raviez |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Notre thèse se propose de faire la lumière sur ce que nous appelons l’écriture des passions dans les Mémoires de Saint-Simon, au double sens de passions qui imprègnent (et infléchissent) l’écriture du mémorialiste et de passions de cour, qui sont l’un des objets privilégiés du récit historique. Il ne s’agit pas là d’une juxtaposition de sens qui serait fortuite ou contingente : notre postulat est à l’inverse que le lien entre les deux questions est essentiel et profondément dynamique. Saint Simon est assurément le produit d’une culture et d’un milieu qui le déterminent en partie ; mais, en retour, les faits et les personnages sont sous sa plume saisis à l’aune d’une sensibilité irréductiblement singulière. L’enjeu de ce travail est de montrer que la cour, telle qu’elle est évoquée et même ressuscitée par les Mémoires, est le lieu d’une effervescence passionnelle sans la prise en compte de laquelle la causalité historique est vouée à demeurer inintelligible. Dans un tel contexte, ce sont les questions hiérarchiques qui suscitent l’investissement affectif le plus intense. Cela a pour corollaire que la passion amoureuse fait de la part de Saint-Simon l’objet d’une méfiance d’ordre éthique aussi bien qu’historiographique. Il s’agit en outre de chercher à cerner la nature de l’investissement de Saint Simon dans l’écriture, et de comprendre l’un des plus grands paradoxes des Mémoires : l’exceptionnel engagement passionnel dont le récit saint-simonien est le lieu n’exclut pas qu’il soit par ailleurs traversé par un discours du dégagement, auquel nous avons souhaité restituer toute son importance.