Thèse soutenue

Saint Georges : "Un Saint Partagé" en Méditerranée? Approche historique et anthropologique du pélerinage(Turquie et Liban)

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Auteur / Autrice : Mustafa Yakup Diktas
Direction : Bernard Heyberger
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Anthropologie sociale et ethnologie
Date : Soutenance le 10/10/2018
Etablissement(s) : Paris Sciences et Lettres (ComUE)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales
Partenaire(s) de recherche : établissement de préparation de la thèse : École des hautes études en sciences sociales (Paris ; 1975-....)
Jury : Président / Présidente : Alexandre Toumarkine
Examinateurs / Examinatrices : Alexandre Toumarkine, Dionigi Albera, Emma Aubin-Boltanski, Danièle Hervieu-Léger, Chantal Verdeil

Résumé

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Saint Georges : “Un Saint “Partagé” en Méditerranée ? Approche historique et anthropologique du pèlerinage (Turquie et Liban)Résumé Les peuples du bassin méditerranéen partagent depuis multimillénaires des manières de vivre et de pratiquer leur foi, qui résistent aux divisions religieuses et aux manipulations politiques Le paysage religieux de la Méditerranée orientale est plus complexe et marqué par un foisonnement de formes de convergence interconfessionnelle moins éclatantes. Certains sanctuaires ambigus convoquent parfois les fidèles des trois religions monothéistes. Cette thèse souligne les transformations récentes du religieux et la conversion du regard anthropologique vers une lecture plus sensible aux changements économiques, politiques et culturels qui affectent rites et sanctuaires Bien que cette thèse porte sur deux études de cas particuliers, à savoir Aya Yorgi en Turquie et Mar Jirjes al Batiyeh au Liban, elle s’appuie sur une recherche multidisciplinaire pour définir un contexte plus large. Ces lieux sont explorés en profondeur grâce à une analyse qualitative, tout en prenant en compte des travaux parallèles concernant d’autres sites tels que Lod (Israël), Edirne (Turquie) et Athènes (Grèce). Partant de la recherche de la spiritualité autour des sites dédiés à saint Georges, mes découvertes révèlent des aspirations spirituelles et séculières et suggèrent une déconstruction de pôles de sens tels que sacré et profane, mouvement et lieu, religion et laïcité, communauté et individu. En s’appuyant sur diverses approches méthodologiques, cette étude arrive à la conclusion que, contrairement à la perception commune, les formes traditionnelles de rituels religieux ne sont pas nécessairement incompatibles avec la culture de consommation moderne. A travers celle-ci, les traditions religieuses sont en train de se revitaliser. La popularité renouvelée du pèlerinage aujourd'hui montre comment certains paysages et espaces religieux comme ceux d'Aya Yorgi et d'Al Batiye sont restés importants grâce aux mouvements politiques et religieux, à la littérature, aux médias, aux marchés touristiques spécialisés et à l'entreprise privée. Enfin, cette étude révèle une image d'une grande diversité de groupes et d'individus qui les visitent.Dans le monde universitaire occidental moderne, le sujet des saints et des pèlerinages « partagés » semble avoir été le plus clairement mis en évidence par un archéologue britannique vivant au début du siècle dernier et poursuivant des recherches à la British School d'Athènes, où il s'est concentré sur des sanctuaires ambigus dans les anciennes possessions ottomanes, principalement dans les Balkans et en Anatolie, avec un intérêt supplémentaire pour la Syrie et la Palestine. FW Hasluck (1878-1920) a étudié ces sites avec un regard particulier sur la religion populaire turque et le transfert de sanctuaires de tradition religieuse à une autre, en plus des cas de parrainage multi-religieux continu et fluide sur un même sanctuaire, comme c’est aussi le cas dans cette étude. Son œuvre, portant sur le christianisme et l'islam sous les sultans, est la plus complète de ce genre.