Fire on the Harlem Renaissance : black cultural identities, desiring agencies and the disciplinary episteme

par Elisa Cecchinato

Thèse de doctorat en Langues et littératures étrangères

Sous la direction de Jean-Paul Rocchi.

Le président du jury était Claudine Raynaud.

Le jury était composé de Marlon B. Ross, Claire Joubert, Frédéric Sylvanise.

Les rapporteurs étaient Monica Michlin.

  • Titre traduit

    Feu sur la Renaissance de Harlem : identités culturelles noires, agentivités désirantes et épistémè disciplinaire


  • Résumé

    Ce projet de thèse explore les identités culturelles de la Renaissance de Harlem, aussi bien que les croisements épistémologiques et les agentivités littéraires et artistiques de cette période. Dans un premier temps, le projet s’intéresse à mettre en évidence les discours et les pratiques épistémiques qui traversèrent la Renaissance de Harlem lors de son débout. Notamment, les parrains et activistes de la Renaissance (Du Bois, Locke) sont étudiés dans leur rapport intellectuel avec le discours nationaliste américain; cet étude est situé dans le contexte d'urbanisation et réglementation des corps et des espaces tel qu'il eut lieu à New York au début du XX siècle, époque de la Grande Migration des noirs du Sud au Nord des États Unis. L'analyse se complexifie en considérant comment les pratiques artistiques mais aussi ludiques de Harlem s'approprient des identités genrées et racisées produites par le pouvoir étatique national, et comment les modernistes blanc.hes s'insèrent dans ces processus à niveau épistémique, discursif et poétique. Deuxièmement, le projet engage une lecture approfondie de l’œuvre de l'écrivain noir jamaïcain Claude McKay. Les écritures de McKay permettent de dégager des axes thématiques révélatrices des préoccupations communes aux parrains de la Renaissance: notamment le rapport à la performance des identitées racisées et gendrées dans les discours politiques et propagandistes nationalistes du début du XX siècle. D’ailleurs, les écrits de McKay dépassent la formalisation idéaliste du “black folk” (Du Bois) portée par les élites culturelles de la Renaissance de Harlem, pour se situer sur un terrain plus matériel et existentiel. A partir du style dialogique des écrits de McKay, et de leur rapport aux écritures nationalistes européennes, le projet réfléchit donc à la notion d’intersubjectivité, alors que la littérarité des ouvrages de la Renaissance de Harlem est mise en avant et étudiée en relation aux subjectivités noires et blanches qui s’affrontent ou rencontrent dans le panorama national de l’époque. Troisièmement, le style et les figures culturelles et poétiques déployées dans la fiction de McKay guident l’étude des oeuvres signées par Wallace Thurman, Richard Bruce Nugent, Nella Larsen, aussi bien qu’une discussion des ouvrages par des auteurs et autrices blanches. Ici, la question méthodologique de la mort de l’auteur, mise à l'épreuve des concepts de race et de genre, sera ultérieurement approfondie afin de dégager un éventail d’identités culturelles le plus vaste et riche possible, et d’interroger les rapports de pouvoir liés à la performance de ces identités dans les arts et la littérature de l'époque.


  • Résumé

    This research project explores the cultural identities and the literary and artistic agencies of the Harlem Renaissance. Firstly, discourses and epistemological practices that traversed the Harlem Renaissance are highlighted in a short intellectual genealogy of the movement. In particular, the relationship of the godfathers of the Harlem Renaissance (W.E.B. Du Bois, Alain Locke) to the American nationalist discourse is given front stage. Such relationship is considered on the background of early-XX-century New York urbanization and regulamentation of bodies and spaces, as the Great Migration of black Americans from the South to the North was taking place. The analysis is complexified by considerations on how, in Harlem, artistic and recreational practices appropriated gendered and racialized identities generated by national state power; also, white modernists' epistemic, discursive and poetic participation to the process is explored. Successively, the research project engages with the reading of black Jamaican author Claude McKay’s literary works. McKay’s writings allow us to trace some thematic axes that show commonalities with the Renaissance godfathers’ concerns, notably in relation to the performance of raced and gendered identities in political and propagandistic discourses of the beginning of the XX century. Yet, it appears that McKay’s writings exceed the idealist formalization of the “black folk” (Du Bois) supported by the cultural elites of the Renaissance, to occupy a ground which privileges a material and existential outlook. Elaborating from the dialogism that characterizes McKay’s writings, and from their relation to European nationalist fictions, the thesis reflects on the notion of intersubjectivity as the literariness of the Harlem Renaissance works is considered and put in relation to black and white subjectivities that clash or meet on the national panorama of the time. Thirdly, the style and cultural figures that appear in the McKay’s fiction provide some guidelines to the study of the works by black writers Wallace Thurman, Richard Bruce Nugent, Nella Larsen, as well as of the works by white writers such as Carl Van Vetchen. Contextually, the methodological question of the death of the author will be further explored in order to extricate a vast and complex specter of cultural identities, and to question power relations linked to the performance of such identities in the arts and writings of the time.

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