Thèse soutenue

Traces numériques des risques climatiques : évaluer l’impact de la communication dans le cadre de la stratégie de résilience de Paris

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Auteur / Autrice : Rosa Vicari
Direction : Daniel Schertzer
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences de l'Univers et Environnement
Date : Soutenance le 05/11/2018
Etablissement(s) : Paris Est
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences, Ingénierie et Environnement (Champs-sur-Marne, Seine-et-Marne ; 2015-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire Hydrologie Météorologie et Complexité (Champs-sur-Marne, Seine-et-Marne) - Hydrologie- Météorologie et Complexité / HM&Co
Jury : Président / Présidente : David Chavalarias
Examinateurs / Examinatrices : Daniel Schertzer, Ioulia Tchiguirinskaia, Massimiano Bucchi, Dimitri P. Solomatine
Rapporteurs / Rapporteuses : Marie-Claire Ten Veldhuis, Roberto Grandi

Résumé

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Les pressions climatiques contribuent à la complexité des systèmes urbains, qui sont dotés de multiples fonctions et composantes en interaction. Le concept de résilience introduit une approche holistique qui englobe les composantes physico-environnementales et les composantes socioéconomiques de la ville. Cette thèse contribue au besoin actuel de forger ce lien dans l’étude des risques urbains liés aux aléas du climat. En particulier, la thèse tente de répondre à la question suivante : comment évaluer l’impact des discours sociaux sur la résilience urbaine?L’approche de la résilience consiste à surmonter la fragmentation dans la gestion des risques, en créant des synergies entre les acteurs. C’est un défi qui souligne l’importance de la "construction sociale de la réalité" : une dimension spécifique de la ville, qui correspond aux perceptions et aux attitudes de la communauté urbaine vis-à-vis d’un problème ou d’une solution. La définition d’indicateurs de communication pertinents permettrait de recueillir des données significatives sur ces perceptions et d’évaluer de leur impact sur la résilience.À partir de ces prémisses, cette thèse développe de nouveaux indicateurs de communication. Ces indicateurs ont été conçus et testés en région parisienne pour étudier les processus de communication qui caractérisent les stratégies locales de résilience aux risques climatiques.La première partie de cette étude s’articule autour des actions de communication mises en œuvre à Paris par les autorités locales, nationales et internationales, dans le cadre de stratégies de résilience aux inondations. Des variables de communication récurrentes et significatives ont été identifiées et utilisées pour définir des indicateurs de communication.Certains de ces indicateurs ont ensuite été testés. Dans une première série d’expériences, nous avons fait recours à des méthodes de recherche habituellement adoptées dans le domaine du SIA (Social Impact Assessment). Des techniques d’exploration de big data non structurés (text-mining avancé et représentation de réseaux complexes) ont été employées dans une deuxième série d’expérimentations.Les expériences d’évaluation de type SIA (veille médiatique, un questionnaire et des entretiens) ont été menées dans le cadre de la stratégie de communication de Interreg NWE IVB RainGain, un projet européen sur la résilience aux inondations en milieu urbain.L’impact de la communication a été analysé en termes quantitatifs (fréquence des actions de communication et audience) et qualitatifs (transfert de connaissances et de réduction de la perception du risque). L’évolution temporelle des impacts et la corrélation avec un autre facteur de résilience (météo) ont été également examinées.Les expériences basées sur le text-mining et la représentation de réseaux ont permis d’analyser les réseaux sociosémantiques qui sous-tendent les communications numériques.Quatre corpus de textes ont été extraits du Web : tweet et articles de presse concernant la crue de la Seine de 2016 et les inondations dans les Alpes-Maritimes de 2015; des documents institutionnels sur la gestion du risque de crue en région parisienne, publiés entre 2003 et 2017.L’analyse de ces corpus a été réalisée à l’aide de logiciels open source (Gargantext, Gephi), à travers plusieurs étapes : extraction de centaines de mots clés; représentations de réseaux à partir des cooccurrences de mots clés; visualisation de clusters basée sur une matrice d’adjacence; analyse quantitative des nœuds et des arêtes. Ceci a permis de détecter les thématiques et les acteurs les plus centraux, ainsi que les connexions fréquentes et les communautés de thématiques et acteurs qui caractérisent les discours médiatique et politique.En comparant les quatre corpus, il a été possible d’observer comment ces structures évoluent dans le contexte de deux événements météorologiques distincts, dans le court terme et dans le long terme