Du non-sens de recenser les insensés : fabriquer le chiffre de l'infirmité, en France, au XIXe siècle

par Pauline Hervois

Thèse de doctorat en Démographie

Sous la direction de Virginie De Luca Barrusse.

Le président du jury était Jacques Véron.

Le jury était composé de Virginie De Luca Barrusse, Paul Schor.

Les rapporteurs étaient Isabelle Renaudet, Michel Oris.


  • Résumé

    La quantification des infirmités en France au XIXe siècle est guidée par deux objectifs principaux. Il s'agit, d'une part, d'établir la répartition géographique de ces infirmités afin d'en évaluer les causes et d'ouvrir des structures d'accueil adaptées (asiles, institutions d'éducation). D'autre part, cela consiste à mesurer les évolutions du nombre des infirmes. Cette thèse étudie ces pratiques de quantification à partir de deux sources : les comptes rendus sur le recrutement de l'armée (publiés à partir de 1818) et qui ne traitent que de générations de jeunes hommes, et les recensements quinquennaux (de 1851 à 1876) qui concernent l'ensemble de la population. Cette thèse examine la construction du chiffre d'infirmes, de sa mise en place à sa remise en cause. Différents éléments sont articulés dans l'analyse. Tout d'abord, nous étudions la place des infirmes dans la société et le rôle de l'État dans leur prise en charge. Nous nous intéressons aussi aux savants (réunis dans des sociétés ou en congrès pour partager leurs recherches) et aux instances de gouvernance (maires, préfets, ministères). Les premiers étudient la population pour des raisons scientifiques, les seconds pour des motifs administratifs. Cette mise en parallèle d'intérêts divergents fait pourtant ressortir une inquiétude commune: celle d'observer une dégénérescence de la population. Des statisticiens et médecins s'attèlent donc à analyser ces nouvelles productions statistiques pour démontrer l'exagération de ces craintes.

  • Titre traduit

    The nonsense of counting the insane : the enumeration of the infirm in France in the 19th century


  • Résumé

    The enumeration of the infirm in France in the 19th century had several objectives: to map their geographical distribution, in order to better understand the causes of these disabilities and to provide suitable facilities (asylums, educational institutions), but also to track trends in view to potentially control and decrease the size of this group. This study addresses the quantification of disability through two data sources: the five-year censuses (1851-1876) and the reports of army recruitment (published from 1818 onwards).We study how these figures were constructed, from their initial implementation until they started being challenged. To do so, we also explore the place of the disabled in society, and the role of the State in their care. We deal with the interactions between scientists (gathered in learned societies or in conferences to share their research) and various governance bodies (mayors, prefects, ministries). The former studied this population for scientific reasons, while the latter for administrative purposes. Comparing these divergent interests highlights however a common anxiety: that they were observing a degeneration of the population. Because of the regularity of data outputs, time trends, which until then had not been available, could now be constructed. Statisticians and doctors could therefore use these new statistical figures to demonstrate the exaggeration of these fears.

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