Une armée révolutionnaire : la guerre d'Algérie du 5e bureau
| Auteur / Autrice : | Denis Leroux |
| Direction : | Raphaëlle Branche |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Histoire |
| Date : | Soutenance le 10/12/2018 |
| Etablissement(s) : | Paris 1 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale d'Histoire de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (Paris ; 1992-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Equipe de recherche : Centre d'histoire sociale des mondes contemporains (Aubervilliers, Seine-Saint-Denis ; 2000-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Sylvie Thénault |
| Examinateurs / Examinatrices : Raphaëlle Branche, Neil MacMaster, Sylvain Laurens | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Olivier Dard, Gabriel Périès | |
| DOI : | 10.70675/e564a08dzfdfez457dz9b2cz89532a69ee92 |
Résumé
Durant la guerre d'Algérie, des officiers français ont pensé l'armée et son action comme révolutionnaire. Il s'agissait pour eux de réformer radicalement l'institution militaire, en l'adaptant à un conflit présenté comme une guerre révolutionnaire menée par le communisme dont l'enjeu est le contrôle politique de la population. Cette armée révolutionnaire se devait de participer à la modernisation de l'Algérie, intégrant les Algériens au corps social français, permettant l'émergence d'une «Algérie nouvelle». Afin de réaliser cet objectif, ces officiers prônaient un durcissement autoritaire de l'État à même de contrer la subversion communiste. Cette thèse explore cette armée révolutionnaire, dont elle s'attache à saisir les racines, le contenu et les conséquences, à travers l'étude des 5es bureaux, bureaux d'état-major chargés de mener l'action psychologique de 1955 à 1960, à la fois propagandistes, commissaires politiques et théoriciens de l'action politico-militaire. Elle se penche, à travers une approche prosopographique, sur les parcours individuels et collectifs de ses officiers. Elle analyse les logiques institutionnelles, les discours et les pratiques des 5es bureaux. Elle met en lumière l'action politique de l'armée lors de la crise de mai et juin 1958 à travers la mobilisation autoritaire des Algériens lors de manifestations de fraternisation mettant en scène l'adhésion des colonisés à un ordre coloniale rénové. Ce projet se heurte à l'opposition de plus en plus claire du pouvoir gaulliste qui dissout les 5es bureaux en février 1960, suite à la semaine des barricades, mais surtout à une mécompréhension systématique de la situation politique algérienne.