Thèse soutenue

Fabriquer l'ordinaire de la ville : le rôle de l'habitant à Conakry (Guinée)

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Auteur / Autrice : Julie Gangneux-Kebe
Direction : François Madoré
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Géographie
Date : Soutenance le 19/11/2018
Etablissement(s) : Nantes
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sociétés, temps, territoires (Angers)
Partenaire(s) de recherche : COMUE : Université Bretagne Loire (2016-2019)
Laboratoire : Espaces et Sociétés (Rennes ; Angers ; Caen ; Le Mans ; Nantes ; 1996-....)
Jury : Président / Présidente : Laurent Devisme
Examinateurs / Examinatrices : Armelle Choplin
Rapporteurs / Rapporteuses : Philippe Gervais-Lambony, Myriam Houssay-Holzschuch

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Mots clés libres

Résumé

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La présente recherche porte sur l’analyse de la fabrique de la ville par ses habitants à Conakry, en Guinée. Longtemps étudiée à partir des acteurs institutionnels et de leurs projets d’aménagement, la fabrique n’envisagea l’habitant que comme un simple bénéficiaire de planifications expertes. Des premières alternatives à la participation en urbanisme, les savoirs citoyens semblent aujourd’hui plébisciter dans les pays du Nord. Tandis qu’au Sud, les citadins ordinaires déploient de multiples usages et pratiques pour fabriquer l’espace : “leurs espaces”. Par leurs initiatives et appropriations au quotidien, les habitants façonnent les espaces urbains en dehors des projets d’aménagement. L’analyse des expériences habitantes à Conakry permet de remettre en cause une lecture binaire (formel/informel) des espaces vers l’étude des acquis d’une urbanisation rapide de la ville en Afrique de l’Ouest.Ce travail rend compte de la production par les “citoyens-citadins-habitants” de l’espace à Conakry décryptant les formes, matérialités et récits de la vie quotidienne dans les quartiers populaires d’Hafia. Mis en commun, les espaces fédèrent les microsociétés locales et constituent le nœud à travers lequel se négocie et se façonne de fait « un droit à la vie urbaine » (Lefebvre, 1968). Face à l’accroissement des tensions (démographiques, environnementales, socio-économiques, foncières) qui tendraient à fragmenter chaque jour un peu plus la ville ouest-africaine, ces fabriques ordinaires de la ville semblent permettre, elles, de réduire les formes d’inégalités et de fragmentations en ville : c’est la posture défendue ici. Au moment où la participation des habitants à la co-construction des espaces est recherchée au Nord comme au Sud, cette vue depuis l’habitant dans une ville du Sud peut nous enseigner sur les modes et les formes d’habiter l’ordinaire ; sur les moyens de s’approprier et de partager collectivement la fabrique de la ville.