Thèse soutenue

Les cultures équestres du monde grec : une histoire culturelle de la guerre à cheval (ca. 350 - ca. 50 a.C.)

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Auteur / Autrice : Jérémy Clément
Direction : Christophe Chandezon
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : HISTOIRE spécialité Histoire ancienne
Date : Soutenance le 24/11/2018
Etablissement(s) : Montpellier 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale 58, Langues, Littératures, Cultures, Civilisations (Montpellier ; 2015-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherches interdisciplinaires en sciences humaines et sociales (Montpellier)
Jury : Président / Présidente : Anne Jacquemin
Examinateurs / Examinatrices : Éric Perrin-Saminadayar, Marie-Thérèse Cam
Rapporteurs / Rapporteuses : Laurianne Martinez-Sève, Gregor Weber

Mots clés

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Résumé

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Les campagnes militaires de Philippe II et d’Alexandre le Grand ont bouleversé les équilibres politiques et militaires du monde grec classique. En développant une pensée militaire fondée sur la coordination des armes et non sur le primat de l’infanterie, ils ont donné à la cavalerie une importance tactique qu’elle n’avait pas dans les armées civiques de la période classique. L’épopée d’Alexandre représente, à cet égard, une aventure collective de dizaines de milliers d’hommes et de chevaux. Elle initie une conception de la guerre dans laquelle les chevaux sont des acteurs incontournables, infléchissant la stratégie, la tactique et la logistique de campagne. Dès lors, la production, la formation et la remonte des chevaux de guerre constituent des enjeux primordiaux de la construction des royaumes hellénistiques, car les dynasties des successeurs d’Alexandre se sont constamment préoccupées d’entretenir de cavaleries puissantes.Dans cette aventure cavalière, les cités emboitent le pas aux royaumes hellénistiques avec les ressources dont elles disposent, réformant leurs cavaleries ou en constituant de nouvelles, souvent dans une perspective fédérale leur permettant de nourrir de plus grandes ambitions militaires. Cela implique de trouver des chevaux, mais aussi des hommes capables de les monter et de les entretenir. Le consensus social établi entre les autorités civiques et les élites cavalières – une « classe d’écuyers » loin d’être homogène – diffère fortement d’une cité à l’autre en fonction de la culture équestre locale, c’est-à-dire des usages, pratiques et représentations des hommes de cheval dans le cadre – politique, économique et social – de la communauté civique à laquelle ils appartiennent. Les cultures équestres régionales ont donc en partie déterminé la capacité des cités à développer leurs cavaleries, mais, en retour, les mutations politiques et militaires de l’époque hellénistique ont considérablement influencé la culture équestre des élites en en renouvelant les pratiques – du prestige de l’hippotrophia aux réalités de l’équitation militaire – et en l’associant plus fortement qu’avant aux destinées politiques de la cité, à ses valeurs et à son système de représentation.