Itinéraires du désir dans la philosophie de Giordano Bruno

par Alberto Fabris

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Saverio Ansaldi et de Fabio Raimondi.

Soutenue le 14-12-2018

à Lyon , dans le cadre de École doctorale de philosophie (Lyon/Grenoble) , en partenariat avec École normale supérieure de Lyon (2010-...) (établissement opérateur d'inscription) , Università degli studi (Salerne, Italie) (Etablissement Codirection Internationale) et de Institut d'Histoire des représentations et des idées dans les modernités (Lyon ; Clermont-Ferrand ; Saint-Étienne) (laboratoire) .

Le président du jury était Thomas Berns.

Le jury était composé de Saverio Ansaldi, Fabio Raimondi, Thomas Berns, Kristell Trego, Eugenio Refini.

Les rapporteurs étaient Thomas Berns, Kristell Trego.


  • Résumé

    Le présent travail de thèse est consacré à la question du désir et à la façon dont elle émerge dans la philosophie de Giordano Bruno (1548-1600). En dépit de sa place relativement marginale dans le corpus très vaste des études bruniennes, et malgré sa présence non immédiatement évidente dans les écrits du Nolain, nous pensons qu’une recherche sur le statut du désir peut ouvrir une perspective pertinente et radicale sur la pensée de ce philosophe de la Renaissance tardive. Loin d’être une question accessoire, le désir se situe au coeur de la philosophie de Bruno et incarne le rythme immanent de sa spéculation. Face au thème capital de la nolana filosofia – la modalité à travers laquelle le fini réalise et exprime l’infini – la question du désir nous ouvre des chemins suggestifs à travers l’imposante oeuvre de l’ex-moine dominicain. Nous avons abordé ce sujet sous plusieurs perspectives, toujours attentifs à exprimer le caractère systématique sus-jacent à la grande ampleur des thématiques que l’on trouve dans les écrits du philosophe. Nous avons préféré procéder de manière diachronique, en privilégiant une approche conceptuelle plutôt qu’un exposé de la philosophie brunienne dans son déroulement chronologique. Nous nous sommes d’abord penchés sur un traité tardif, la Lampas triginta statuarum, où le désir apparaît comme la force qui amène les « ténèbres »indistinctes à exprimer la richesse infinie de formes qu’elles renferment en puissance. Dans les dialogues cosmologiques en italien, le désir, force immanente aux révolutions des planètes (qui assurent la succession des saisons et des civilisations), réalise dans chaque être la vicissitude qui lui permet « d’être tout et de devenir tout ». La comédie italienne le Chandelier montre comment la poursuite d’un désir statique, obsessionnel et contraire à la nature amène inévitablement à la perte des personnages qui l’incarnent. Cette même aspiration “civile” sera présente dans le traité magique Des liens où le philosophe-mage s’appuie sur l’amour, « le lien le plus puissant », pour donner vie à une république qui, à travers ses citoyens, reflète la puissance infinie inhérente à la nature. En dernier lieu,nous verrons comment, dans Des fureurs héroïques, l’élan cognitif qui amène Actéon à « devenir nature » correspond à la manière la plus humaine qui soit de réaliser l’infini.

  • Titre traduit

    The Concept of Desire in Giordano Bruno’s Philosophy


  • Résumé

    My PhD dissertation aims at analysing the concept of desire in relation to Giordano Bruno’s philosophy. Despite the relatively marginal place of this issue among secondary bibliography and its not immediately evident presence in Bruno’s works, I think that this kind of research can open apertinent and radical perspective on Bruno’s thought. Far from being a secondary aspect, the desire is at the core of Giordano Bruno’s philosophy and it embodies its immanent rhythm. In relation to the fundamental theme of Bruno’s philosophy – the way in which the finite realises the infinite – the question of desire can disclose to us new perspectives. I have looked at this problem from many perspectives, always attentive to express the systematic character under the great varieties of topicswe can find in the Nolana filosofia. I have proceeded diachronically, privileging a conceptual approach rather than a chronological account of Bruno’s thought. First, I have considered the Lampas triginta statuarum, a late Latin treatise in which the desire appears as the force that leads the tenebræ toexpress the infinity of forms they contain in potentiality. In the cosmological dialogues in Italian, the desire – immanent force that assures planets’ revolutions (and in that way the cycle of seasons andcivilisations) – realises in all the beings the vicissitude that allows it to “be everything and becomeeverything”. The comedy The Candle Bearer shows how the pursuit of a static, obsessional, andunnatural desire causes the loss of the three main characters. We can find the same “civil afflatus” inthe magical treatise De vinculis where the magic-philosopher builds through love (“the most powerfullink”) a republic that, through its citizens, reflects the infinite power of nature. Lastly, we will see how, in The Heroic Frenzies, the cognitive desire that allows the metamorphosis of the hunter Acteon in nature corresponds to the most human way to realise the infinite.


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