Thèse soutenue

Instrumentum d'hygiène et de médecine en Gaule romaine

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Auteur / Autrice : Elise Vigier
Direction : Matthieu PouxBernadette Cabouret
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Archéologie
Date : Soutenance le 21/11/2018
Etablissement(s) : Lyon
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences sociales (Lyon ; 2007-....)
Partenaire(s) de recherche : Equipe de recherche : Archéométrie et Archéologie (Lyon, Rhône)
établissement opérateur d'inscriptions : Université Lumière (Lyon ; 1969-....)
Laboratoire : Archéologie et Archéométrie / ArAr
Jury : Président / Présidente : Michel Feugère
Examinateurs / Examinatrices : Michel Feugère
Rapporteurs / Rapporteuses : Véronique Boudon-Millot, Véronique Dasen
DOI : 10.70675/bd3f0853z4a37z49fdz84dfze00506e94a5e

Résumé

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À la fin de l'âge du Fer, les changements affectant la culture matérielle de la Gaule préromaine témoignent de l'importance des influences et des échanges avec les mondes hellénistique et romain. Après quelques imports dès la fin du IIe s. av. J.-C., l'arrivée d'objets et de produits liés aux soins du corps s'intensifie, surtout à partir de l'époque augustéenne. Par leur quantité et leur variété, ils se démarquent des rasoirs, coupe-ongles, pinces et nécessaires de toilette connus jusqu'alors et laissent deviner les transformations profondes dans la manière de paraître, d'entretenir et de soigner son corps, allant notamment de pair avec le développement de la pratique thermale. À partir du Ier s. ap. J.-C., l’usage des strigiles, des cuillères à parfum ou des pyxides se propage en effet largement au sein de la société : leur généralisation montre qu'ils ne sont plus réservés à une élite.Rares sont les sites romains ne livrant pas de matériel destiné aux soins du corps. Ces traces tangibles viennent compléter les sources historiques sur ces aspects de la vie quotidienne. Le présent travail, par un nouvel examen de cette documentation archéologique, cherche à obtenir une vision d'ensemble d'une situation abordée jusqu'ici par des études thématiques, ponctuelles ou régionales. Cette recherche propose ainsi de réviser et compléter le cadre typologique et chronologique de ces catégories de mobiliers.Le dépouillement des Cartes Archéologiques de la Gaule, d'une large bibliographie et l'examen direct d'une partie du mobilier ont permis la constitution d'un corpus de près de 8000 objets datés entre le Ier s. av. et le Ve s. ap. J.-C., répartis sur 2850 sites dans la zone étudiée. Bien que l'exhaustivité ne soit pas recherchée, les importantes séries de données mises au jour lors des fouilles récentes permettent d'assoir plus solidement les réflexions typologiques et chronologiques. Le recensement ne s'est pas restreint à la Gaule romaine mais a été élargi dans un but comparatif à l'ensemble du monde romain. Les contextes de découverte ont été réexaminés et les données compilées de manière à proposer des fourchettes de datation pour la production, la circulation et le rejet des différents types.Cette ''mise à plat'' s'avère d'autant plus nécessaire qu'il existe un biais historiographique persistant : certains objets ont été interprétés dans le passé comme des instruments chirurgicaux alors qu'il s'agit majoritairement d'accessoires liés à la cosmétique. Textes, instruments et substances montrent que les pratiques d'hygiène et de médecine ne sont pas toujours clairement dissociées à l'époque romaine : la limite est parfois ténue entre embellissement et soin du corps. Si la fonction hygiénique ou médicale d’objets comme les miroirs ou les scalpels est aisément identifiable, d’autres sont polyvalents et ont pu théoriquement servir dans ces deux sphères d’activités. À l’issue de ce travail, il a été possible de proposer une attribution cosmétique ou médico-chirurgicale type par type pour les formes de cuillères-sondes et spatules-sondes recensées.Du fait de leur abondance et de leur variété morphologique interne, certaines catégories fonctionnelles (miroirs, strigiles, cuillères-sondes, spatules-sondes, tablettes à broyer, scalpels) ont donné lieu à une analyse typo-chronologique plus détaillée. La succession et la contemporanéité de différents modèles ont ainsi pu être mises en évidence. L'analyse de la répartition spatiale des formes les plus fréquentes permet d'appréhender les modalités de leur diffusion, mais aussi de discerner parfois les importations de Grèce ou d'Italie des probables productions provinciales. En répondant à une demande, ces objets témoignent des pratiques d’hygiène et de médecine dans la société gallo-romaine.