Thèse soutenue

Prévenir l'agression indirecte ; expérimentation et adaptation d'un programme de prévention en collège

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Sylvain Roy
Direction : Dominique Berger
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences de l'éducation
Date : Soutenance le 27/11/2018
Etablissement(s) : Lyon
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de l'éducation, psychologie, information et communication (Lyon)
Partenaire(s) de recherche : établissement opérateur d'inscription : Université Claude Bernard (Lyon ; 1971-....)
Laboratoire : Health Services and Performance Research (Lyon)
Jury : Président / Présidente : Nadja Maria Acioly-Régnier
Examinateurs / Examinatrices : Dominique Berger
Rapporteurs / Rapporteuses : Éric Debarbieux, Magdalena Kohout-Diaz, Denis Loizon

Résumé

FR  |  
EN

Ce projet porte sur l'étude et la prévention du phénomène de l'agression indirecte. Nous souhaitons développer un outil de mesure de ce phénomène et proposer un outil de prévention adapté au milieu scolaire français. Les études pour mesurer uniquement cette forme d'agression et ses conséquences sont presque inexistantes en France et sont encore rares au niveau mondial (Taki et al., 2008). Cette étude vise à combler le manque d'enquêtes et de programmes de prévention de l'agression indirecte (Verlaan, 2011). Nous souhaitons réaliser une première mesure scientifique portant uniquement sur l'agression indirecte pour mieux connaître l'importance de cette forme d'agression et comprendre l'impact d'un programme de prévention (la Trousse de Prévention de l'Agression Indirecte) auprès d'élèves de 6ème en France. Notre question vise donc à mieux comprendre : comment mesurer un phénomène complexe, subtil et qui ne se voit pas ; comment se combinent et se répètent les expositions les plus fréquentes (des témoins, des victimes ou des agresseurs) ; et enfin, comment une action de prévention permet d'améliorer le climat scolaire dans les collèges en France. Notre hypothèse, s'inspirant de notre expérience clinique, devrait nous aider à répondre à notre question de recherche : les enfants exposés à cette forme d'agression (comme victime, agresseur ou témoin) de manière répétée perçoivent négativement le climat scolaire. Nous avons interrogé 191 élèves de 6e, soit l'ensemble des huit classes d'un collège en France : 99 garçons (52.7%) et 89 filles (47.3%). La méthodologie utilisée est celle de l'enquête sur la victimation, sur le climat scolaire et sur la fréquence d'exposition. Nous avons développé un questionnaire original portant uniquement sur l'agression indirecte. Nous nous sommes inspirés des questionnaires sur le climat scolaire (Debarbieux, 2011), d'auto-évaluation (Verlaan, 2007), des motifs d'agressions indirectes (Owens, Shute & Slee, 2000) et du questionnaire de l'estime de soi (Rosenberg, 1979). Pour l'expérimentation, nous avons utilisé la méthodologie de l'accompagnement réflexif et de l'observation non participante avec des enseignantes volontaires. Nous avons adapté la Trousse de prévention à la culture française et l'avons expérimentée avec deux classes de 6e de ce collège (soit 48 enfants). Comme pour les formes les plus violentes d'agressions (Janosz et al., 2012), les résultats de notre enquête montrent que plus les enfants sont exposés à l'agression indirecte (comme témoin, victime ou agresseur) plus ils perçoivent négativement le climat scolaire. Il résulte notamment de notre enquête que 87,3% des élèves sont exposés directement à l'agression indirecte, comme témoins. Notre recherche montre donc que l'agression indirecte est un facteur de risque pouvant augmenter les problèmes de santé mentale des enfants