Thèse soutenue

Quand les résistants deviennent des parties prenantes : une approche des réactions de défense de l'identité comme processus d'apprentissage

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Auteur / Autrice : Pierre-Yves Boyer
Direction : Patrick Valéau
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences de gestion
Date : Soutenance le 24/09/2018
Etablissement(s) : La Réunion
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Lettres et sciences humaines, Droit économie gestion, Sciences politiques (Saint-Denis, La Réunion)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre d'économie et de management de l'océan Indien (Saint-Denis, Réunion)
Jury : Président / Présidente : Alain Roger
Examinateurs / Examinatrices : Philippe Jean-Pierre
Rapporteurs / Rapporteuses : Pierre Louart, Patrick Gilbert

Résumé

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Notre thèse vise à montrer que les résistants au changement peuvent être considérés comme des parties prenantes à part entière du processus d’apprentissage organisationnel, notamment lorsqu’on considère les apports pour l’entreprise de leurs réactions de défense de l’identité. Pour atteindre cet objectif, nous suivons une démarche qualitative du type théorisation ancrée-nuancée (Paillé, 1996). Notre recherche associe donc un cadre conceptuel préliminaire à une étude empirique inductive pour élaborer un modèle schématisant les phénomènes associés aux apports des comportements de résistance. Notre revue de littérature permet d’abord d’envisager le changement à travers son impact sur l’identité organisationnelle (Corley et Gioia, 2004). Ensuite, nous prenons en compte les capacités des résistances à transformer significativement l’entreprise dans le temps (Courpasson et al., 2012). Enfin, nous développons une approche cognitive du changement qui nous amène à considérer les résistants pour leur participation à la diversité des points de vue à l’intérieur de l’entreprise. Issues d’un journal de bord, de 42 entretiens semi-directifs et d’une analyse documentaire, nos données permettent de comprendre comment le changement s’enracine progressivement dans l’organisation et comment les résistants participent à ce processus. Ainsi, notre analyse inductive aboutit à un modèle à deux niveaux. Le premier décrit le changement organisationnel radical à travers un cheminement par trois phases d’initiation, d’accentuation et d’enracinement. Nous nous intéressons notamment aux influences de l’identité organisationnelle, de ses dissonances avec des logiques identitaires alternatives et de l’implication des salariés dans l’ajustement du changement pour montrer comment ce cheminement aboutit à l’émergence d’apprentissages individuels et organisationnels associés à une gouvernance cognitive. Le deuxième niveau de modélisation se focalise sur les rôles des résistants dans ce cheminement. Il montre que les résistants sont des parties prenantes des étapes clés du changement et qu’ils permettent à l’entreprise d’évoluer progressivement vers l’idéal-type d’organisation apprenante. Nous proposons également une typologie de résistants (Oubliés, Suiveurs, Salariés émergents, Nouveaux rebelles) qui permet d’aborder la diversité des implications positives des comportements de résistance.