Thèse soutenue

Les pratiques audiovisuelles domestiques : Cadres de réception et (ré)appropriations du foyer au prisme des techniques numériques et des stratégies industrielles

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Auteur / Autrice : Guillaume Blanc
Direction : Fabienne Martin-JuchatBenoit Lafon
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences de l'Information et de la Communication
Date : Soutenance le 29/10/2018
Etablissement(s) : Université Grenoble Alpes (ComUE)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale langues, littératures et sciences humaines (Grenoble, Isère, France ; 1991-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Groupe de recherche sur les enjeux de la communication (Grenoble, Isère, France ; 1978-....)
Jury : Président / Présidente : Adrian Staii
Examinateurs / Examinatrices : Céline Ségur
Rapporteurs / Rapporteuses : Philippe Bouquillion, Josiane Jouët

Résumé

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Depuis les vingt dernières années, les techniques numériques connaissent un développement sans précédent et semblent favoriser une diversification des formes de réception des contenus audiovisuels. La délinéarisation de ces contenus, la multiplication des offres d’accès ou encore l’entrée de nouveaux acteurs industriels dans la filière audiovisuelle nous poussent à interroger ce que veut dire aujourd’hui « regarder la télévision ». Ce travail doctoral propose de dépasser la question de la pérennité de la télévision comme média de flux en interrogeant plutôt les évolutions des pratiques audiovisuelles des publics dans leurs dimensions symboliques, sociales et affectives. En s’appuyant sur une enquête menée dans plus de quarante foyers et auprès de professionnels du secteur télévisuel, cette recherche montre ainsi que les cadres de réception des publics se complètent et s’articulent plus qu’ils ne s’opposent. Par ailleurs, au travers d’une analyse des mutations des stratégies industrielles, il est également montré que les rapports de force entre chaînes de télévision et acteurs industriels de la communication (du Web, des télécommunications ou du matériel) n’impliquent pas nécessairement une remise en cause du rôle d’intermédiation des chaînes ou de la fonction structurante du modèle socio-économique de flot dans cette filière. Cette recherche souligne également la continuité de l’ancrage domestique des pratiques audiovisuelles malgré la multiplication des écrans et des formes d’accès aux contenus. Ainsi, les usages que les publics ont du numérique ne redessinent pas fondamentalement les rapports familiaux et les modes d’habiter. Au contraire, ces relations symboliques sont parfois renforcées au travers de (ré)appropriations quotidiennes des espaces-temps du foyer, dont les pratiques émergentes sont le support. Cette analyse du rôle des pratiques audiovisuelles dans la création des liens qui se tissent entre les personnes vivant sous le même toit permet ainsi de montrer en quoi ces pratiques participent à la construction du sentiment de « chez-soi » et font partie intégrante de l’économie morale du foyer.