Thèse soutenue

Caractérisation de l’impact des activités humaines sur la qualité de la ressource en eau en milieu urbain sub-saharien : étude de la contamination du bassin versant de la Méfou (Région Centre du Cameroun) par les pesticides et les résidus pharmaceutiques

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Auteur / Autrice : Perrine Branchet
Direction : Catherine Gonzalez
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences de l'Eau
Date : Soutenance le 23/11/2018
Etablissement(s) : IMT Mines Alès
Ecole(s) doctorale(s) : GAIA (Montpellier ; École Doctorale ; 2015-...)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire du génie de l'environnement industriel (Alès, Gard) (2000)
Jury : Président / Présidente : Nicolas Massei
Examinateurs / Examinatrices : Catherine Gonzalez, Emmanuelle Cadot, Roger Moussa, David Sebag
Rapporteurs / Rapporteuses : Céline Duwig

Mots clés

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Résumé

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En Afrique Sub-Saharienne, les problématiques de contamination de la ressource en eau par les pesticides et les résidus pharmaceutiques commencent à être mises en évidence. La problématique de la thèse porte sur la caractérisation de l’impact des activités humaines sur la qualité de la ressource en eau, par l’étude de la contamination par les pesticides et les résidus pharmaceutiques. Le site d’étude choisi est le bassin versant de la Méfou, qui draine la capitale du Cameroun, Yaoundé. Dans un premier temps, le site est caractérisé par ses spécificités environnementales (relief, occupation des sols) et sociodémographiques afin d’identifier les pressions anthropiques. Les pratiques d’agriculture urbaine, et en particulier le maraîchage intensif dans les bas-fonds entraîneraient l’utilisation massive de pesticides. L’absence d’assainissement efficace et les multiples latrines, drains et fosses septiques constitunt autant de sources diffuses de contamination par les résidus de médicaments. En prenant le cas des pesticides, une méthode cartographique a permis de confirmer l’hypothèse selon laquelle les parcelles agricoles pourraient être identifiées comme des sources de pollution diffuses de pesticides via le ruissellement. La méthode multicritère SIRIS-Pesticides de l’INERIS (Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques) appliquée sur deux scénarios de pratiques agricoles indique un potentiel transfert des pesticides ciblés vers les eaux de surface. Afin de conforter ces hypothèses, deux diagnostics de pollution ont été réalisés entre 2015 et 2018 en saisons pluvieuses, couplant des méthodes d’échantillonnages ponctuels et passifs. Une liste de 32 pesticides et de 24 résidus pharmaceutiques a été recherchée dans les eaux de surface et les eaux souterraines du bassin de la Méfou. Les résultats généraux indiquent (i) de fortes concentrations en herbicides et en anti-inflammatoires non stéroïdiens ainsi que la détection et la quantification d’une large gamme de composés recherchés, (ii) une contamination bien plus marquée en milieu urbain qu’en milieu péri-urbain, (iii) un risque environnemental à ces concentrations pour deux herbicides (diuron et atrazine) et (iv) la contamination de certains points d’eau souterraine (forages, puits, sources) par les résidus pharmaceutiques. Une enquête sociologique réalisée autour des points d’eau de prélèvement a permis d’identifier les enjeux liés à l’utilisation de cette ressource en eau. La contamination des eaux souterraines pourrait entraîner une exposition potentielle des populations aux résidus pharmaceutiques présents dans leur eau de boisson. Les résultats principaux constituent donc une base d’information sur les pressions anthropiques, les niveaux de contamination et les enjeux liés à l’eau à Yaoundé. Ils soulèvent des questionnements sur (i) les transferts des pesticides et des résidus médicamenteux dans l’hydrosystème de la Méfou, et (ii) à propos de l’exposition et des risques sanitaires potentiels posés par leur occurrence et leurs niveaux de contamination dans la ressource en eau.