La radicalisation à travers l'expression des émotions sur internet

par Laura Ascone

Thèse de doctorat en Sciences du langage - Cergy

Sous la direction de Julien Longhi et de Agnès Celle.

Soutenue le 22-11-2018

à Cergy-Pontoise , dans le cadre de École doctorale Droit et Science politique (Cergy-Pontoise, Val d'Oise) , en partenariat avec AGORA (Cergy-Pontoise, Val-d'Oise) (laboratoire) .

Le président du jury était Pascal Marchand.

Le jury était composé de Julien Longhi, Jérôme Barlatier.

Les rapporteurs étaient Béatrice Fracchiolla, Joanna Thornborrow.


  • Résumé

    Les récentes attaques terroristes fomentées par l’État islamique ont conduit des scientifiques et des experts à examiner le phénomène de l’idéologie et la radicalisation jihadistes. L’attention des chercheurs a porté principalement sur les raisons psychosociologiques qui peuvent amener un individu à adhérer à l’idéologie jihadiste (Khosrokhavar, 2014). Plusieurs études ont été menées également sur les stratégies adoptées par Daesh pour diffuser sa propagande sur internet (Rogan, 2006). Dans une « guerre argumentative » (Angenot, 2008) qui se base sur le langage, les émotions jouent un rôle crucial (Lombardi, 2015). Cette recherche vise à étudier non pas les stratégies de diffusion du discours jihadiste, mais à examiner le discours-même et, plus particulièrement, les stratégies rhétoriques que Daesh adopte aussi bien pour menacer son ennemi que pour fasciner ses sympathisants. De même, cette étude a pour objectif d’analyser le discours que le gouvernement français et l’Union Européenne ont produit afin de contrer la radicalisation jihadiste. En examinant à la fois le discours jihadiste et le contre-discours, cette recherche se propose de comparer les stratégies discursives qui caractérisent ces deux discours.L’analyse a été menée sur les deux revues diffusées par Daesh sur le web : Dabiq, publiée en anglais, et Dar al-Islam, publiée en français. En ce qui concerne le contre-discours, le corpus a été constitué à partir des articles publiés en ligne par le gouvernement français et l’Union Européenne sur les sites dédiés à la lutte contre la radicalisation jihadiste. Une approche quanti-qualitative a été adoptée afin d’identifier les caractéristiques générales et les spécificités de chaque corpus. Une analyse quantitative a été menée avec les logiciels Tropes et Iramuteq. Les résultats issus de cette analyse ont constitué le point de départ pour une étude qualitative, qui a permis d’identifier et d’étudier des éléments qui seraient passés inaperçus avec une étude uniquement quantitative. En outre, les logiciels Iramuteq et R ont été employés pour mener une analyse statistique et textuelle des différents corpus.Cette recherche a révélé des différences entre le discours jihadiste et le contre-discours, ainsi qu’entre le discours anglophone et le discours francophone. Contrairement au discours jihadiste anglophone, focalisé sur la communauté musulmane, le discours jihadiste francophone se focalise sur l’ennemi. Cette étude propose donc une description linguistique des émotions et des stratégies rhétoriques du discours jihadiste. Cette caractérisation discursive débouche sur des critères d’identification de la radicalisation sur le web et sur des préconisations concernant les types de messages les plus susceptibles de contrer la radicalisation jihadiste.

  • Titre traduit

    Radicalisation through the Expression of Emotions on the Internet


  • Résumé

    The recent terrorist attacks by the Islamic State in Western Europe have led researchers and experts to investigate the phenomenon of jihadist radicalisation. To date, research has tended to focus on the psycho-sociological reasons that may lead an individual to adhere to jihadist ideology and, sometimes, to act in the name of this ideology (Khosrokhavar, 2014). Different studies have also been conducted on the strategies adopted by Daesh to spread its propaganda on the Internet (Rogan, 2006). In an “argumentative war” (Angenot, 2008), that is, a war based on language, emotions play a crucial role (Lombardi, 2015).This study does not aim at studying the strategies adopted to spread the jihadist discourse. Rather, its goal is to examine the jihadist discourse itself and, more precisely, the rhetorical strategies adopted by Daesh to both threaten its enemy and fascinate its sympathisers. This dissertation also aims at analysing the discourse produced by both the French government and the European Union to counter jihadist radicalisation. By examining both jihadist discourse and counter-narrative, this study aims at comparing the discursive strategies characterising these two discourses.As far as the jihadist discourse is concerned, the study was conducted on the basis of two magazines released by Daesh on the Internet: Dabiq, published in English, and Dar al-Islam, published in French. As for the counter-narrative, the corpus consisted of the articles published online by both the French government and the European Union.A double quanti-qualitative approach was adopted in order to identify both the general features and the specificities of the different sub-corpora. A first quantitative analysis was conducted with the software Tropes and Iramuteq. The results obtained constituted the starting point for a qualitative study that allowed identifying and examining different features that might otherwise have gone unnoticed. Furthermore, the software Iramuteq and R were used to conduct a statistical and textual analysis in order to compare the different sub-corpora.This study revealed that the different discourses differ both in terms of content and form. Contrary to the English jihadist discourse, which focuses on the Muslim community as well as on the way a good Muslim should behave, the French jihadist discourse seems to focus on the enemy as well as on the violent action to take against them.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : CY IUT. Service commun de la documentation. Bibliothèque numérique.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.