Thèse soutenue

Etude zonale des dynamiques des dépôts de tempête de sommet de falaise : de la Bretagne à l'Islande

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Ronan Autret
Direction : Serge SuanezSamuel Étienne
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Géographie
Date : Soutenance le 28/03/2018
Etablissement(s) : Brest
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de la mer et du littoral (Plouzané)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Littoral, environnement, télédétection, géomatique (Plouzané, Finistère)
Jury : Président / Présidente : Armelle Decaulne
Examinateurs / Examinatrices : Serge Suanez, Samuel Étienne, Armelle Decaulne, Christophe Morhange, Raphaël Paris, Bernard Le Gall, Larissa A. Naylor, Rónadh Cox
Rapporteurs / Rapporteuses : Christophe Morhange, Raphaël Paris

Mots clés

FR  |  
EN

Résumé

FR  |  
EN

Les blocs supratidaux de tempête que l’on trouve au sommet des falaises vont à l’encontre du schéma classique qui décrit l’érosion des falaises. Généralement, le recul des escarpements rocheux se fait au rythme des écroulements gravitaires dont les éléments s’accumulent en pied de falaise, la mer intervenant surtout dans le déblaiement des matériaux accumulés à la base des versants. Dans le cadre de cette thèse, nous étudions les processus d’érosion qui se traduisent par l’accumulation de dépôts grossiers en sommet de falaise. Nous montrons qu’au cours des événements météo-océaniques extrêmes, les effets combinés d’un niveau d’eau à la côte particulièrement élevé et du déferlement de vagues de haute énergie peuvent se manifester localement par l’arrachement et le transport de blocs littoraux supratidaux. Leur masse peut dépasser plusieurs dizaines de tonnes, et leur remaniement peut se faire à plusieurs mètres au-dessus du niveau des hautes mers. De même, leur déplacement peut atteindre plusieurs dizaines à centaines de mètres à l’intérieur des terres. A l’heure où l’on s’interroge sur une possible intensification et/ou augmentation de la fréquence des événements météoocéaniques extrêmes, la dynamique morphosédimentaire de ces blocs littoraux apparait comme un indicateur géomorphologique pertinent pour l’évaluation de ces changements. Un suivi topo-morphologique, sédimentaire et hydrodynamique pluriannuel a été réalisé sur plusieurs sites bretons (Finistère) et islandais (presqu’île de Reykjanes). Les résultats de ce suivi ont montré des schémas de circulation hydro-sédimentaire bien distincts suivant le contexte morphodynamique. Si dans certains cas, les processus transversaux prédominent dans l’édification et le remaniement de ces accumulations, dans d’autres cas, la composante longitudinale contrôle une partie des transferts à la côte. Les processus d’arrachement et de transport de blocs sont concomitants, et peuvent se produire à plusieurs reprises au cours d’un même événement et/ou hiver, y compris pendant les tempêtes d’intensité modérée. L’étude rétrospective des conditions météo-océaniques favorables au déclenchement de ces processus sur les 70 dernières années montre une forte variabilité interannuelle, sans périodicité ni tendance particulière. Cette variabilité est commandée par la dynamique atmosphérique WEPA aux latitudes tempérées de la Bretagne, et par l’ONA aux latitudes sub-polaires de l’Islande.