Thèse soutenue

Paludisme du retour : une anthropologie du risque palustre chez les voyageurs migrants originaires d'Afrique subsaharienne de Bordeaux

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Césarine Sambou
Direction : Marc-Éric Gruénais
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Ethnologie - Option Antropologie sociale et culturelle
Date : Soutenance le 20/11/2018
Etablissement(s) : Bordeaux
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sociétés, politique, santé publique (Talence, Gironde ; 2011-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Les Afriques dans le monde (Pessac, Gironde ; 2011-....)
Jury : Président / Présidente : Daniel Bley
Examinateurs / Examinatrices : Marc-Éric Gruénais, Daniel Bley, Dominique Pécaud, Laurence Kotobi
Rapporteurs / Rapporteuses : Daniel Bley, Dominique Pécaud
DOI : 10.70675/6cc4387ezd615z4ca6zb089za1b82b3c6d97

Résumé

FR  |  
EN

La France est le pays industrialisé le plus touché par le paludisme d’importation avec environ 4735 de cas importés et répertoriés en 2016. Les voyageurs migrants, originaires des pays où sévit le paludisme et résidant en France, représentent 82,2 % des cas d’infections palustres. Cette thèse cherche principalement à analyser la question du recours à la prévention du risque palustre auprès des voyageurs migrants originaires des pays d’Afrique Subsaharienne de Bordeaux. À partir d’observations directes et d’entretiens individuels avec différents acteurs, cette recherche montre une hétérogénéité des situations d’exposition au risque palustre lors du retour temporaire au pays d’origine. Ce risque dépend des situations expérientielles, et socio-économiques, ainsi que des charges qu’il est supposé y assumer. Lorsque ces charges sont importantes, le voyageur migrant a tendance à hiérarchiser les risques, avec une non-priorisation du palustre au profit du risque de « toubabisation », socialement moins accepté. La non-priorisation du risque de paludisme est accentuée par une perception banalisante, ordinaire et quotidienne du paludisme en contexte de migration et par le non-remboursement de la chimioprophylaxie par la Caisse Nationale Assurance Maladie. Ce travail montre que le non recours à la chimioprophylaxie est influencé par l’absence d’expérience du paludisme en France et de paludisme grave dans le pays d’origine. Souvent, il faut que l’expérience de cette maladie soit vécue et perçue dans le pays d’accueil pour qu’elle induise un changement de perception et donc, un recours futur à la prévention. Sur le plan thérapeutique, cette thèse met en évidence des retards de diagnostic du paludisme en médecine générale. Ces retards sont causés par l’absence d’association de la « fièvre du retour » et des symptômes associés à un accès palustre, et par son « exotisme » en France. À ce titre, cette recherche apporte une contribution aux réflexions dans les champs de l’anthropologie de la santé et de l’anthropologie du risque lié au voyage avec comme exemple les voyageurs migrants exposés au risque palustre.