Culture et Politiques publiques de développement local en Haïti : incidences économiques transformatrices des initiatives
| Auteur / Autrice : | Jude-Mary St Martin |
| Direction : | Elina Dévoué |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences économiques |
| Date : | Soutenance le 25/06/2018 |
| Etablissement(s) : | Antilles |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Milieu insulaire tropical : dynamiques de développement, sociétés, patrimoine et culture dans l'espace Caraïbes-Amériques (Pointe-à-Pitre) |
| Partenaire(s) de recherche : | Equipe de recherche : Laboratoire caribéen de sciences sociales |
| Jury : | Président / Présidente : Valérie Angeon |
| Examinateurs / Examinatrices : Valérie Angeon, Célestin Mayoukou, Janis Hilaricus, Nelson Sylvestre, Jean Gabriel Montauban | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Valérie Angeon, Célestin Mayoukou |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Cette étude a comme objectif principal de comprendre les incidences culturelles ou économiques transformatrices des politiques publiques de développement local enclenchées à travers trois programmes de développement local d’envergure nationale dans les différentes zones de mode de vie en Haïti depuis 2006. En vue d’atteindre cet objectif, après une révision de la littérature théorique et empirique, une enquête de terrain auprès d’un échantillon systématique de trois-cent quatre-vingt-quatre chefs de ménages exerçant tout au moins leur propre activité de production ou de service a été réalisée. L’outil qui a été privilégié pour la collecte des données sur le terrain est le questionnaire-interview. De l’analyse des données de l’enquête de terrain, par l’intermédiaire de tableaux de fréquence et de Tests de McNemar, il en ressort que l’appartenance des bénéficiaires aux initiatives de développement issues de l’aide-projet permet respectivement de renforcer leur niveau d’attachement aux croyances et pratiques scientifiques à 19.53%, leur vision rationnelle du temps et de l’espace à 4.69%, leur conception positive de la compétition économique à 23.96%, leur perception positive de la réussite économique à 12.76%, leur opinion favorable à l’investissement et à l’épargne à 13.54%, leur détachement au fatalisme et au conformisme à 23.70% et leur opinion favorable au risque à 24.22%. Et, suivant les Tests de McNemar effectués, ces différentes contributions ont été statistiquement significatives au plus au seuil de 5%. Donc, l’appartenance à un projet productif peut être un bon vecteur de renforcement des traits culturels conditionnels de développement dans les différentes localités haïtiennes. Ce constat dans une certaine mesure donne raison à Lacoste (1965), Zaoual (2005), Charmillot (2008) qui voient en l’implantation de tout projet de développement dans les pays en développement une condition d’affaiblissement voir de destruction de la culture traditionnelle au profit de celle du développement.Par ailleurs, ces projets n’apportent pas de contribution significative au renforcement d’un esprit favorable au collectivisme et aux rapports intra-territorialisés chez les bénéficiaires comme l’avait présupposé l’hypothèse de recherche initiale. Ce résultat confirme en partie les thèses de Barthelemy (1987), Casimir (2001), Dorvilier (2007) et Sainsiné (2007) affirmant la dominance de l’esprit collectiviste chez les habitants du milieu rural haïtien. Il met tout aussi en question leur conception de la nature quasi exclusive des rapports intra-territorialisés des exploitants du milieu rural haïtien.A l’aide du modèle de régression logistique binaire, il y a lieu de constater que les seuls facteurs expressifs des projets de développement expliquant significativement le renforcement de certaines modalités de la variable expliquée sont d’abord ceux caractéristiques du niveau d’exposition des bénéficiaires aux volets techniques et instructifs des projets à savoir la formation technique reçue et la quantité restreinte de moins trois rencontres d’affaires mensuellement entretenues et ensuite ceux de nature financière à savoir le plus haut montant reçu ou emprunté par les bénéficiaires de la part des projets (10 000- 20 000 HTG) et le plus haut niveau de profit réalisé par eux à partir des projets (10 000-20 000 HTG).