Thèse soutenue

La dimension réelle du père dans le passage à l'acte dans un contexte de décompensation psychotique et son rapport à la pulsion invocante

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Auteur / Autrice : Olga Lucia Medina Tamayo
Direction : Anne Bourgain
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Psychologie
Date : Soutenance le 09/12/2017
Etablissement(s) : Sorbonne Paris Cité
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Érasme (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis)
Jury : Président / Présidente : Pascale Molinier
Examinateurs / Examinatrices : Pascale Molinier, Jean-Daniel Causse, François Sauvagnat, Jean Bourdiau, Gilbert Fabre, Marie-Jean Sauret
Rapporteurs / Rapporteuses : Jean-Daniel Causse, François Sauvagnat

Mots clés

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Résumé

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La pulsion invocante traverse l’oeuvre de Jacques Lacan, bien qu’il n’ait jamais vraiment développé ce thème : son objet est la voix, au moment même où cette dernière fait défaut : notre hypothèse est que le sujet passe à l’acte au moment où la voix se tait, il n’y a pas de cogito. Intriquée à la pulsion scopique, la pulsion invocante a pour signature le silence. Le passage à l’acte procède d’un « je ne pense pas », du langage et non des affects que le sujet subirait. Cette thèse envisage la dimension réelle du père dans le passage à l’acte, en cas de décompensation psychotique, dans son rapport à la pulsion invocante. Des lois ont été établies pour différencier les actes des sujets désignés fous, psychotiques, de ceux des autres pauvres, faibles et criminels, ce qui précise le cadre de l’expertise mentale qui n’est pas étranger à notre recherche. Les textes des lois de 1838 et de 1990 ont été modifiés non tant pour assurer une meilleure protection des patients que pour des raisons sécuritaires. Ainsi, les différents modes d’hospitalisation ont été révisés : hospitalisation libre, hospitalisation à la demande d’un tiers (HDT), hospitalisation d’office (HO) … jusqu’à la notion récente de soins sous contrainte. Notre thèse commence par revisiter ces aspects historiques pour situer le contexte des passages à l’acte qui seront ensuite analysés à la lumière de l’enseignement de Lacan. Nous envisageons la voix comme une tentative de substitution à la forclusion duNom du Père, la voix venant suppléer et compléter le silence de l’Autre. Pour ce faire, nous développons plusieurs illustrations cliniques. Dans le cas de Juan, nous montrons comment le travail thérapeutique lui a permis de ne pas entrer dans le silence et de rechercher son nom en s’adressant à nous. Le travail de la parole empêche le passage à l’acte. Le roman de Duras, La pluie d’été, permet d’entendre la pulsion invocante comme l’écho de la voix de l’Autre et sa résonance corporelle. Avec Seth, la voix du père et celle du diable se confondent, pacte d’alliance entre les pères terribles interdicteurs et les figures féminines. Avec Mme X, nous approchons mieux les aspects de la formule de Lacan : dans la psychose, la voix sonorise le regard. Nous pouvons ensuite prendre la mesure de ce qui se passe pour Chris qui ne supporte pas la voix. La question de l’envers de l’auto-punition est abordée avec la patiente Médée. Nous prenons alors appui sur Gabriel Garcia Marquez avec chronique d’une tentative mortifère annoncée. Nous tentons enfin de comprendre le déclenchement de la psychose chez Telfusa, que les voix selon ses dires accompagnent constamment, même quand elle parle. Le traitement se présentera ainsi : non à Juana la folle mais oui à la liberté. Cette thèse tente de mettre en évidence la valeur propre à la parole introduite par la psychanalyse en éclairant la clinique de l’acte dans le champ des psychoses.