Thèse soutenue

Le statut du corps dans la psychanalyse de Lacan : de la construction de l'imaginaire à la formalisation de l'objet a

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Auteur / Autrice : Francisco Ronald Capoulade Nogueira
Direction : Sylvie Le PoulichetRichard Theisen Simanke
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Psychologie. Recherche en psychopathologie et psychanalyse
Date : Soutenance le 08/02/2017
Etablissement(s) : Sorbonne Paris Cité en cotutelle avec Universidade federal de São Carlos
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Recherches en psychanalyse et psychopathologie (Paris ; 2001-....)
Partenaire(s) de recherche : établissement de préparation : Université Paris Diderot - Paris 7 (1970-2019)
Jury : Président / Présidente : José Francisco Miguel Henriques Bairrão
Examinateurs / Examinatrices : Sylvie Le Poulichet, Richard Theisen Simanke, José Francisco Miguel Henriques Bairrão, João José Rodrigues Lima de Almeida, Daniel Omar Perez, Christiane Carrijo Eckhardt Mouammar
Rapporteurs / Rapporteuses : João José Rodrigues Lima de Almeida, Daniel Omar Perez

Mots clés

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Résumé

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Cette recherche vise à investiguer le statut du corps dans la psychanalyse de Lacan à partir des trois termes directifs qui constituent la réalité dans sa théorie, à savoir, l'imaginaire, le symbolique et le réel. La conférence sur Le stade du miroir (1936) et la publication du texte La famille (1938) marquent le début de la construction du registre de l'imaginaire dans la théorie de Lacan. Ce mouvement se poursuit jusqu'à la fin de 1940. Au cours de cette période, Lacan cherche à établir les fondements de sa théorie vers une critique de l'organicisme psychiatrique de son temps, au même temps qu'il s'empare d'une psychologie concrète pour penser la constitution du moi. Le concept de imago émerge donc comme un élément clé en ce moment. On peut aussi voir une dichotomie entre la nature et la culture, qui a comme principale conséquence une conception dans laquelle le corps apparaît comme fragile, précaire. À partir de la conférence intitulée Le mythe individuel du névrosé (1953), on observe un changement dans la pensée de Lacan – moment connu comme la constitution du registre du symbolique. De nouveaux éléments découlant de l'anthropologie de Lévi-Strauss et de la linguistique de Saussure, font partie désormais de la psychanalyse qu'il a engendré. L'inconscient, relu des nouvelles influences, est mis en évidence dans la fameuse invitation à “retour à Freud”. L'élément fondamental devient le signifiant et les conséquences de cela, à réfléchir sur le corps, il semble ne pas être si loin de la compréhension précédente. Le corps est encore vu dans une polarisation entre la nature et la culture, cependant, sa précarité n'est plus en jeu, mais sa possibilité d'être un soutien pour la lettre. Dans le point central de cette recherche, moment de production qui va des années 1959 à 1964, à savoir les seminaires L'éthique de la psychanalyse (1959-1960), Le transfert (1960-1961), L'identification (1961-1962 ), L'Angoisse (1962-1963) et Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse (1964), on identifie un autre changement dans sa pensée. Lacan cherche à présenter le registre du réel d'une manière plus profonde. Et pas seulement cela, mais aussi de l'articuler aux deux autres registres. Cela devient évident dans le processus de formalisation du concept de l'objet a - qui commence dans le séminaire VII avec la notion de das Ding et va jusqu'au séminaire XI avec la notion d'objet cause du désir, objet de la pulsion. Ce concept nous permet une compréhension du statut du corps distincte de celle observée précédemment. Le corps, maintenant, n'est pas seulement de soutien de la lettre, mais aussi la possibilité de la lettre, c'est-à-dire, le signifiant est fait du même matériau au fur et à mesure que le concept de réel se rapproche de la notion de corps. L'articulation entre les trois registres est la principale clé que nous possédons pour comprendre le statut du corps dans la première moitié des années 1960.