Thèse soutenue

Le sens des bêtes. Rhétoriques de l'anthropomorphisme au XIXe siècle

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Élisabeth Plas
Direction : Paolo Tortonese
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Langue et littérature françaises
Date : Soutenance le 15/11/2017
Etablissement(s) : Sorbonne Paris Cité
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Littérature française et comparée (Paris)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de Recherche sur les Poétiques du XIXe siècle (Paris)
établissement de préparation : Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris ; 1970-....)
Jury : Président / Présidente : Paule Petitier
Examinateurs / Examinatrices : Paolo Tortonese, Paule Petitier, Didier Philippot, Pierre Serna, Dominique Combe
Rapporteurs / Rapporteuses : Didier Philippot, Pierre Serna

Résumé

FR  |  
EN

Ce travail propose de lire un moment de l’histoire littéraire française à travers le prisme de l’animal, et plus particulièrement de ses représentations anthropomorphes. À partir de la littérature et de la pensée du xixe siècle, il s’agit de complexifier une définition restrictive de la notion d’anthropomorphisme en réfléchissant au statut de l’animal dans l’imaginaire romantique. L’anthropomorphisme est traditionnellement considéré comme une perception du monde naïve et spontanée et cette tendance à douer les choses et les êtres d’émotions, d’intentions ou de réactions supposées propres aux hommes repose sur un raisonnement analogique qui est à l’origine de genres littéraires aussi universels que la fable ou d’autres types d’apologues, qui héritent de ce préjugé de simplicité : l’anthropomorphisme serait ce mode de représentation non réaliste, divertissant voire comique, qui n’instruit qu’au prix d’une distorsion de la réalité. Au xixe siècle émerge une nouvelle conception de l’animal, en rupture avec celle de l’âge classique. L’histoire naturelle et la pensée romantique découvrent des parentés profondes entre l’homme et l’animal, qui donnent à l’anthropomorphisme un fondement épistémologique et philosophique, mais aussi affectif et politique, puisque l’idée d’une continuité entre les vivants est l’un des piliers de l’argumentation républicaine en faveur de la protection, puis du droit des animaux, depuis la période révolutionnaire. À partir d’un corpus littéraire, philosophique et scientifique, et d’une attention à l’histoire des animaux, de leur statut et de leurs traitements, ce travail voudrait dresser un panorama des paradigmes analogiques par lesquels les hommes ont pensé leurs liens aux animaux dans la première moitié du xixe siècle. Cette période apparaîtra ainsi comme un moment important de la reconfiguration du symbolisme animal, qui invente une forme d’allégorie réaliste, conciliant souci de l’animal et confiance en l’analogie.