Thèse soutenue

Essays in Empirical Macroeconomics

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Auteur / Autrice : Alban Moura
Direction : Franck Portier
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences économiques
Date : Soutenance le 07/07/2017
Etablissement(s) : Toulouse 1
Ecole(s) doctorale(s) : École Doctorale Toulouse Sciences Économiques
Partenaire(s) de recherche : Equipe de recherche : TSE-R (Toulouse)
DOI : 10.70675/4a98381ez127dz4f92zb742z4be06cf0129e

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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Cette thèse contribue à deux débats récurrents de la macroéconomie quantitative : la taille des multiplicateurs budgétaires pour le Chapitre 1 et les origines du cycle des affaires pour les Chapitres 2 et 3. Les trois essais qui la composent partagent en outre un thème commun. Ils illustrent comment l'utilisation de modèles structurels enrichis permet, à l'aide des données macroéconomiques, d'améliorer certaines stratégies d'identification et d'obtenir des résultats parfois contraires aux théories établies. Le premier chapitre de la thèse étudie l'impact sur l'estimation des multiplicateurs budgétaires des mouvements endogènes dans les dépenses publiques aux Etats-Unis. Un modèle DSGE avec règles fiscales, estimé sur données trimestrielles, est utilisé pour identifier et quantifier les ajustements automatiques des dépenses de consommation publique. Les résultats confirment le rôle significatif de ces mouvements endogènes dans les données. Le modèle est ensuite employé comme laboratoire pour tester la qualité des multiplicateurs estimés par trois approches classiques : un modèle DSGE avec politique fiscale exogène, des modèles VARs identifiés par restrictions d'exogénéité et des modèles VARs identifiés par restrictions de signe. Ces expériences indiquent que les multiplicateurs estimés à l'aide de DSGEs sont plutôt robustes aux erreurs de spécification, tandis que ceux obtenus par VARs structurels peuvent être largement biaisés et imprécis. En particulier, les restrictions de signe apparaissent incapables de gérer correctement les problèmes d'endogénéité, alors même qu'elles ont été développées dans ce but. Le second chapitre, coécrit avec Paul Beaudry et Franck Portier, documente les propriétés empiriques de plusieurs mesures du prix relatif des biens d'investissement, une variable souvent utilisée pour identifier les chocs technologiques spécifiques au secteur de l'investissement. Les données étudiées proviennent en majorité des Etats-Unis, mais les autres pays du G7 sont également considérés. Deux faits stylisés émergent : (i) Le prix relatif de l'investissement n'est pas fortement contracyclique, contrairement à une idée répandue parmi les économistes. (ii) Il est même procyclique après 1985, et ce de manière significative, tout comme les prix relatifs des sous-composantes de l'investissement total. Ainsi, l'analyse agnostique des données contredit la théorie selon laquelle les chocs technologiques spécifiques au secteur de l'investissement, qui sont associés à des mouvements contracycliques du prix relatif, constituent la source majeure des fluctuations économiques dans les économies développées. A la place, les résultats suggèrent un rôle important pour les chocs affectant la demande en biens d'investissement. Le troisième et dernier chapitre étend l'analyse du Chapitre 2 en incorporant des rigidités de prix sur les biens d'investissement dans un modèle DSGE monétaire à deux secteurs. L'estimation du modèle sur données trimestrielles américaines, à l'aide de techniques bayésiennes, suggère que ces rigidités nominales spécifiques au secteur de l'investissement constituent la friction la plus importante pour reproduire les propriétés clés des données. De plus, le modèle prédit qu'un choc améliorant la productivité dans le secteur des biens de consommation génère une expansion, alors qu'un choc technologique positif dans le secteur des biens d'investissement provoque une récession. Ces prédictions, qui sont en ligne avec les résultats de la littérature sur la comptabilité de la croissance, sont nouvelles dans la littérature DSGE. Le modèle prédit également que 80% des fluctuations de court et moyen terme dans le prix relatif de l'investissement proviennent de chocs de demande, suggérant que ce prix n'est qu'un indicateur très imparfait des chocs technologiques.