Etre artiste femme en Inde, à Chennai : les nouvelles scènes du bharata-nâtyam de 2003 à 2016

par Nancy Boissel Cormier

Thèse de doctorat en Théâtre et danse

Sous la direction de Katia Légeret et de Rao Vijayalakshmi.

Soutenue le 28-03-2017

à Paris 8 , dans le cadre de École doctorale Esthétique, sciences et technologie des arts (Saint-Denis, Seine-Saint-Denis) , en partenariat avec Scènes et savoirs (équipe de recherche) .

Le président du jury était Roland Huesca.

Le jury était composé de Katia Légeret, Rao Vijayalakshmi, Philippe Tancelin, Claire Joubert.

Les rapporteurs étaient Anne Boissière.


  • Résumé

    En cette amorce du XXIe siècle et dans un monde qui tend à l’uniformisation, la danse contemporaine à Chennai revendique son « indianité » dans des chorégraphies singulières. Certains aspects du sadir – la danse pratiquée par les devadāsī dans les temples de l’Inde du Sud –, scrupuleusement choisis, sont transportés sur la scène contemporaine dans les années 1930. La naissance du bharata-nāṭyam permet, après l’indépendance de l’Inde, d’exporter fièrement une « tradition » qui a été en partie sauvegardée, tout en contrôlant l’image de la femme en mouvement qu’elle véhicule. Le bharata-nāṭyam se démocratise dans tous les États de l’Inde et s’exporte à l’étranger. Pourtant, à Chennai, au Tamil Nadu, il est très difficile de faire une carrière dans la danse. Les artistes femmes doivent enseigner pour se professionnaliser. En faisant se croiser une étude de terrain avec des sources théoriques, cette thèse cherche à apporter des éléments de réponse aux questions soulevées dans le cadre du travail de recherche sur le bharata-nāṭyam : comment s’est effectué, dans le milieu de la danse, le passage d’une fonction sacrée à une fonction essentiellement esthétique et économique ? Les danseuses souhaitant développer ou mettre en évidence un nouveau langage corporel et une gestuelle singulière ont-elles réinventé la « tradition » ? Dans une Inde moderne et contemporaine, quel est le rôle de l’art dans la société et quel espace de liberté peut s’offrir aux danseuses aujourd’hui ? En remettant en question le modèle familial indien, quel potentiel d’émancipation offre aujourd’hui la scène contemporaine à Chennai ?

  • Titre traduit

    The female artist’s role in Chennai, India : the new ideology of bharata-nāṭyam from 2003 to 2016


  • Résumé

    At the dawn of the 21st century, in a world that tends to standardisation, contemporary dance in Chennai claims its “Indianness” through noteworthy choreographies. Since the 1930s, some features of sadir - a solo dance form performed for centuries by devadāsī in temples - have been carefully chosen and adapted for the contemporary stage. In independent India, bharata-nātyam has proudly exported a “tradition” that has managed to survive but has also curbed the movement of the female body. bharata-nātyam became popular both abroad and in India. In Chennai, Tamil Nadu, female dancers strive to become professional; however, very often, teaching remains their only recourse. Through an analysis of field survey data and theoretical sources, this thesis aims to find answers to some questions raised by bharata-nātyam. How has this dance, which initially had only a sacred function, assumed aesthetic and economic ones? In being eager to develop and create a new body language and original gestures, have female dancers reinvented “tradition”? What is the role of art in modern, contemporary India? What is the extent of freedom that it can offer to female dancers? By questioning the traditional Indian family model, is the contemporary stage in Chennai able to offer potential for emancipation?

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