Thèse soutenue

Acceptabilité de la récupération nutritionnelle ambulatoire chez les enfants de sept ans et plus infectés par le VIH suivis dans douze sites de prise en charge au Sénégal

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Auteur / Autrice : Marie Varloteaux
Direction : Philippe Msellati
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Biologie Santé
Date : Soutenance le 17/11/2017
Etablissement(s) : Montpellier
Ecole(s) doctorale(s) : Sciences Chimiques et Biologiques pour la Santé (Montpellier ; Ecole Doctorale ; 2015-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : TransVIHMI, UMI 233 IRD (Montpellier)
Jury : Président / Présidente : Nicolas Nagot
Examinateurs / Examinatrices : Philippe Msellati, Laurent Vidal, Renaud Becquet, Abdoul Magib Cissé, Cécile Cames
Rapporteurs / Rapporteuses : Laurent Vidal, Renaud Becquet

Mots clés

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Résumé

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La malnutrition est une pathologie récurrente en Afrique, qui touche particulièrement les enfants et adolescents vivant avec le VIH. Le Sénégal a été l’un des premiers pays africains à mettre en œuvre un programme national d’accès aux antirétroviraux à partir de 1998. Néanmoins, comme dans la majorité des pays, la prise en charge pédiatrique a connu un retard par rapport à celle des adultes. La malnutrition et l’infection à VIH agissent en interaction et aggravent le risque de morbidité et de mortalité des enfants. Pour autant, les recommandations internationales se sont surtout intéressées à la prise en charge de la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans. Il existe peu de directives concernant les modalités de récupération nutritionnelle chez les enfants de plus de cinq ans et les adolescents infectés par le VIH.C’est dans ce contexte qu’a été mise en place l’étude Snac’s qui avait pour objectif d’évaluer l’efficacité et l’acceptabilité de la récupération nutritionnelle ambulatoire par l’administration d’Aliments prêts à l’emploi (APE) chez les enfants et adolescents infectés par le vih dans 12 sites de prise en charge à Dakar et dans les régions du Sénégal. Cette thèse a pour objectif d’évaluer, dans le cadre de cette étude 1/l’acceptabilité d’un dispositif innovant d’information des enfants et des parents pour la participation à la recherche 2/ l’acceptabilité de l’intervention de récupération nutritionnelle chez les enfants et adolescents et d’identifier les facteurs et obstacles à cette acceptabilité 3/ l’acceptabilité de l’intervention chez les soignants impliqués dans l’étude.Trois enquêtes ont été menées au cours du projet Snac’s, dans les deux sites de Dakar et les dix sites régionaux auprès des enfants, des parents/tuteurs et des professionnels de santé. Les entretiens avec les enfants en succès ou en échec de traitement de la malnutrition et avec les parents se sont déroulés par focus group. Ils ont concerné 112 enfants au moment de l’inclusion et 71 enfants au moment de la sortie de l’étude. Des entretiens individuels ont concerné 30 professionnels de santé.Le Dispositif standardisé d’information à la recherche (dsir) avait pour intérêt de standardiser et rendre facilement compréhensible l’information des participants. Il a été apprécié par les enfants/adolescents, et par les parents/tuteurs. 68 % des parents/tuteurs et 58 % des enfants/adolescents, ont répondu correctement à au moins 7/8 questions. La notion qui a été la moins bien comprise par les parents/tuteurs et les enfants/adolescents était le droit de quitter l’étude, avec des taux respectifs de réponses correctes de 54 % et 36 %. L’enquête sur l’acceptabilité à permis d’identifier trois déterminants qui peuvent représenter un obstacle à l’adhésion des enfants/adolescents à une prise en charge nutritionnelle ambulatoire à base d’ape : le dégoût des ape, les effets secondaires et la durée de l’attente avant la consultation. Les entretiens avec les équipes soignantes ont mis en évidence les difficultés rencontrées dans la prise en charge du VIH pédiatrique. Les analyses ont montré une bonne acceptabilité de l’intervention, mais une incertitude quant à la possibilité de la pérenniser à la fin du projet.Ce travail a permis d’expérimenter la mise en place du dsir, qui s’avère intéressant même s’il demande à être amélioré. Il a permis de décrire les difficultés et les enjeux de la prise en charge de l’infection à vih pédiatrique notamment en région, qui constituent l’environnement des interventions de récupération nutritionnelle. Les résultats de cette étude montrent que le dispositif de récupération nutritionnelle ambulatoire est acceptable par les principaux acteurs (enfants/adolescents, parents/tuteurs et équipes soignantes), mais que sa pérennisation n’est envisageable qu’avec l’appui et l’engagement des autorités sanitaires, la mise en place d’un approvisionnement régulier en ape et d’un accompagnement, notamment financier, adéquat.