Thèse soutenue

Les troubles du comportement : une maladie de la culture qui fait symptôme dans le lien social et interroge l’École

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Auteur / Autrice : David Lopez
Direction : Sylvie Canat
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences de l'Éducation
Date : Soutenance le 09/10/2017
Etablissement(s) : Montpellier 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale 58, Langues, Littératures, Cultures, Civilisations (Montpellier ; 2015-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : LIRDEF - Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche en Didactique, Education et Formation - Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche en Didactique- Éducation et Formation / LIRDEF
Jury : Président / Présidente : Laurence Gavarini
Examinateurs / Examinatrices : Bertrand Ogilvie
Rapporteurs / Rapporteuses : Bernard Pechberty, Jacques Pain

Résumé

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La question des « troubles du comportement » s’inscrit dans une triple perspective, à l’intersection des domaines du social, de la justice et de la clinique, selon trois axes qui interrogent nécessairement les concepts de normes (sociales, juridiques, de santé) et de normalité. Afin de limiter les considérations habituelles sur les déterminismes biologiques dans l’étiologie des troubles du comportement, cette étude met en exergue les facteurs de détermination socio-économiques et culturels, dans le but d’établir que la corrélation avec le milieu défavorisé n’est pas l’effet du hasard. Cette étude postule en effet qu’il existe une forte corrélation entre troubles du comportement et milieu socio-économique défavorisé, milieu d’où peut résulter une faillite de l’environnement familial à l’origine de carences éducatives et affectives, sources d’une « vulnérabilité acquise » favorisant les passages à l’acte qui, entre « déviance », « délinquance » et « pathologie », sont susceptibles d’être interprétés en termes de « troubles de la conduite et du comportement » (TCC).Si la multiplicité des facteurs de risque ne permet pas les simplifications causales, une approche clinique du social tend néanmoins à établir que ces « troubles » résultent également de l’état de notre civilisation, et plus particulièrement du « délitement du lien social », cause et effet des symptômes. Une vulnérabilité narcissique qui n’est pas sans rapport avec une vulnérabilité sociétale inhérente au modèle économique de libre marché fondé sur le déni de l’altérité, c’est-à-dire un « capitalisme pulsionnel » (Stiegler) qui entretient le culte de l’insatiabilité et de la jouissance illimitée, engendrant l’isolement de l’individu et la désintégration de la société. D’où l’intérêt d’une forme d’éducation propice à l’émancipation d’un sujet capable de « faire œuvre de lui-même » (Pestalozzi), mais capable aussi de s’inscrire dans une histoire collective qui le précède.La démarche s’inscrit dans une dialectique moderne affiliée à la psychanalyse, comme méthode d’accès à l’exercice de la « pensée complexe » (Morin), vers une psychologie sociale analytique dans la lignée de l’Ecole de Francfort. Il s’agit donc, comme dit Jacques Pain à la suite de François Tosquelles, de « marcher sur deux jambes » (Marx et Freud), jusqu’au point d’impasse de ce « Réel impossible » (Lacan) qui ouvre la voie à l’indétermination puisqu’il ne permet pas de formaliser simultanément ces deux réalités distinctes : matérielle et psychique.