Thèse soutenue

Le genre de l'assistance : Ethnographie comparative de l'accueil des femmes sans abri (Saint-Etienne/Montréal)

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Auteur / Autrice : Marine Maurin
Direction : Pascale PichonShirley Roy
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sociologie
Date : Soutenance le 08/12/2017
Etablissement(s) : Lyon
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences sociales (Lyon ; 2007-....)
Partenaire(s) de recherche : Etablissement opérateur d'inscription : Université Jean Monnet (Saint-Étienne ; 1969-2024)
Laboratoire : Centre Max Weber (Lyon ; Saint-Étienne ; 2011-....)
Jury : Président / Présidente : Corinne Rostaing
Examinateurs / Examinatrices : Pascale Pichon, Shirley Roy, Maryse Bresson, Daniel Cefaï, Carole Gayet-Viaud
Rapporteurs / Rapporteuses : Maryse Bresson, Daniel Cefaï

Mots clés

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Résumé

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Le phénomène du sans-abrisme évoque la plupart du temps des images d’hommes, seuls, exposés dans les espaces publics et pratiquant la mendicité. Or, le sans abrisme se conjugue également au féminin. Cette thèse de sociologie propose d’interroger l’expérience des femmes sans abri à partir des modalités d’accueil et des pratiques de catégorisation des sexes observées dans les dispositifs d’accueil et d’hébergement à Saint-Etienne et à Montréal. Au croisement de la sociologie du sans-abrisme et de la sociologie du genre, ce travail vise à comprendre d’une part la place des femmes sans abri dans le monde de l’assistance et d’autre part, comment l’assistance participe à fabriquer le genre des individus qui y ont recours. Au moyen d’une ethnographie comparative, je montre que, si au Québec l’itinérance des femmes est devenue un problème public, en France, les femmes tendent à être accueillies et prises en charge avec les hommes (mixité des sexes) et « comme » des personnes singulières. L’observation de cette différence de traitement des femmes en France et au Québec a permis l’élaboration de deux grammaires de l’assistance : celle de la « personne » qui tend à désexualiser les individus et qui souligne la nécessité de reconnaissance de la singularité des êtres accueillis, faisant du genre et des catégories de sexes des « petits troubles » situés à la marge des situations et celle de la « vulnérabilité de genre » qui insiste explicitement sur les violences multiples dont les femmes sans abri sont l’objet et qui induit une forme de justice sociale basée sur la reconnaissance de la différence de l’expérience des femmes.