Thèse soutenue

Administrer les cultes au Nouvel Empire (1539-1077 av. J.-C.) : stratégies sociales et territoriales

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Auteur / Autrice : Vincent Chollier
Direction : Laure Pantalacci
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire
Date : Soutenance le 12/07/2017
Etablissement(s) : Lyon
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences sociales (Lyon ; 2007-....)
Partenaire(s) de recherche : Equipe de recherche : Histoire et Sources des Mondes Antiques (Lyon ; 2003-....)
établissement opérateur d'inscription : Université Lumière (Lyon ; 1969-....)
Jury : Président / Présidente : Laurent Coulon
Examinateurs / Examinatrices : Bernardus Johannes Jozef Haring
Rapporteurs / Rapporteuses : Frédéric Payraudeau
DOI : 10.70675/b9f8b746z0be1z435ez87bcz2a005e81c936

Résumé

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L’administration des cultes provinciaux en Égypte ancienne recouvrait un certain nombre d’enjeux dépassant très largement le cadre de la théologie. En effet, les temples étaient des centres économiques régionaux en raison notamment de l’étendue territoriale de leurs propriétés foncières. Ainsi le directeur du culte, le grand prêtre, administrait-il un vaste domaine au-delà du seul temenos sacré, en plus d’être responsable des liturgies. Dans ce contexte, les grands prêtres du Nouvel Empire (1539-1077 av. J.-C.) faisaient partie des personnages les plus puissants du royaume. Parmi eux, le premier prophète d’Amon à Thèbes est rapidement devenu un représentant incontournable de l’État tant la richesse et la puissance de son culte se sont développées tout au long de la période. Cette toute-puissance eut pour conséquence, dès la fin du Nouvel Empire, l’annexion du sud de la Haute-Égypte.Malgré la prédominance du temple d’Amon, d’autres cultes ont continué à prospérer en province, notamment en raison de leur importance économique et géostratégique. L’objectif de cette thèse est de mettre en évidence les mécanismes sociaux qui ont permis à leurs administrateurs de se hisser et de se maintenir dans les plus hautes sphères de l’État pharaonique. À l’inverse, il s’agit aussi de comprendre comment la monarchie s’est appuyée sur ces potentats locaux pour garantir son autorité sur l’ensemble de la Vallée du Nil.L’anthropologie de la parenté contribue à déterminer les vecteurs de la conservation du pouvoir, comme les transmissions de charges sacerdotales ou le mariage. Mais elle permet également de remettre en perspective la réalité des liens de parenté mentionnés dans les sources à disposition. Il s’impose que ces liens revêtent divers degrés de compréhension qu’il n’est pas toujours possible de déterminer précisément, avec pour conséquence une inévitable incohérence dans la reconstruction des généalogies. Cependant, à l’aide de la Social Network Analysis, une discipline sociologique visant à l’étude des réseaux relationnels, on peut en partie gommer la contrainte induite par l’incapacité à déterminer la nature précise des liens. Cette discipline permet également de mettre en évidence l’importance de certains individus au sein de ces réseaux, par le biais de calculs mathématiques.À partir de l’étude particulière d’un certain nombre de cas, sélectionnés tout au long de la période, il paraît possible de faire la lumière sur les stratégies mises en place par la monarchie pour s’attacher la fidélité de cette élite sacerdotale, avec plus ou moins de succès. On peut également dessiner les contours de l’évolution de ces réseaux relationnels de prêtres, avec comme point de mire l’expansion territoriale et économique de leur pouvoir. Il s’agira aussi de comprendre l’importance particulière de certains temples de Haute-Égypte qui émergent régulièrement de la documentation.