Thèse soutenue

Réguler et conduire : de la critique de la prison à la pénalité néolibérale

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Auteur / Autrice : Victor Fontaine
Direction : Frédéric Gros
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Science politique
Date : Soutenance le 20/12/2017
Etablissement(s) : Paris, Institut d'études politiques
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de Sciences Po (Paris ; 1995-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherches politiques de Sciences Po (Paris)
Jury : Président / Présidente : Judith Revel
Examinateurs / Examinatrices : Frédéric Gros, Fabienne Brion, Bernard E. Harcourt, Olivier Razac
Rapporteurs / Rapporteuses : Judith Revel, Fabienne Brion

Résumé

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Cette recherche traite des mutations contemporaines de la peine à partir de l'hypothèse foucaldienne de l'avènement de la gouvernementalité néolibérale. Le néolibéralisme semble reposer sur le déclin des techniques disciplinaires de pouvoir, telles que décrites en particulier par Foucault (Surveiller et punir). Il fait rupture avec l'autorité monopolistique, avec le pouvoir direct sur les corps, avec la fixation institutionnelle des individus. Or le pouvoir disciplinaire entretenait chez Foucault un lien privilégié avec l'institution carcérale : la prison, c'est l'archétype disciplinaire. Si bien que la mise en question de ce modèle disciplinaire général du pouvoir par l'avènement de la gouvernementalité néolibérale implique une réinterrogation du système pénal, qui s'est présentée par l'entremise d'un problème-prison. Si la prison pose problème aujourd'hui, si le système pénal se réforme autour de la critique de la prison, c'est parce que la prison est devenue un archaïsme visible, une forme désuète de l'art de gouverner les comportements humains, et ce malgré la permanence et l'accélération de l'enfermement. La prison constitue ainsi un problème stratégique de cette transition des formes de gouvernement : le néolibéralisme s'éclaire dans son exercice contre les murs, et hors des murs du carcéral ; il éclaire en retour le mouvement contemporain de contestation critique et de transformation effective des fonctions pénales générales : la régulation pénale et les peines ouvertes dites de réinsertion. De sorte qu'un dispositif de pouvoir contemporain distinct puisse être appréhendé.