Thèse soutenue

La notion d'oeuvre aujourd'hui : entre bibliothèque patrimoniale et bibliothèque multimodale

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Auteur / Autrice : Claude Puidoyeux
Direction : Brigitte Louichon
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Littératures française, francophones et comparée
Date : Soutenance le 12/10/2017
Etablissement(s) : Bordeaux 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Montaigne-Humanités (Pessac, Gironde ; 2007-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Textes, littératures, écritures et modèles (Pessac, Gironde ; 2007-2021)
Jury : Président / Présidente : Béatrice Bloch
Examinateurs / Examinatrices : Brigitte Louichon, Anne Besson, Marie-José Fourtanier, Nathalie Lacelle
Rapporteurs / Rapporteuses : Anne Besson, Marie-José Fourtanier
DOI : 10.70675/33403016z08aaz4642z922ezdaffeb133f1b

Résumé

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Cette recherche porte sur le bouleversement épistémologique qui affecte la littérature patrimoniale, à l’ère du numérique et du multimédia. La première partie s’intéresse à la fondation de la notion de littérature patrimoniale en France. Elle propose une revue synthétique des contextes et des discours qui ont fondé cette notion à travers le temps. Les zones de fracture et de continuité entre conceptions passées et conceptions contemporaines y sont questionnées. L’analyse aboutit au constat que conceptions émergentes et traditionnelles forment une mémoire dialogique, vive et complexe, qui innerve de ses paradoxes les archétypes fondateurs : les notions d’auteur, d’œuvre et de « bibliothèque ». La deuxième partie examine la réception contemporaine de la littérature patrimoniale, pour laquelle « la bibliothèque » est une mémoire du passé mais aussi une réserve d’œuvres à venir dans le cadre du dialogue entre les arts et les modes que les techniques contemporaines favorisent. Pour le récepteur contemporain, la bibliothèque patrimoniale est intériorisée comme une triple mémoire formée de la bibliothèque collective, de sa propre bibliothèque intérieure, d’une bibliothèque virtuelle où se régénèrent le corpus patrimonial et les discours qui l’environnent. Ce récepteur connaît et pratique la bibliothèque collective, vouée à la conservation de la mémoire collective ; il est conscient aussi de posséder une bibliothèque intérieure où s’opère pour lui une double conversion : il devient sujet lecteur et l’œuvre patrimoniale texte du lecteur. Cette double conversion créative se concrétise et se réalise effectivement dans la bibliothèque virtuelle multimodale, lieu de partage et de discours sur les œuvres qui lui permet d’entrer en conversation avec d’autres sujets-lecteurs et en contact avec d’autres communautés discursives et, dans ce cadre, de produire à la fois de nouveaux discours sur les œuvres mais aussi des œuvres secondes. On pose que l’œuvre source et ses objets seconds forment alors une sémiosphère multimodale. Comme les objets seconds multimodaux émanent de communautés diverses, la notion de sémiosphère réinterroge les hiérarchies culturelles héritées. Etre cultivé aujourd’hui, ce n’est plus seulement connaître les œuvres de la bibliothèque collective mais investir la sémiosphère. Le sujet lecteur est amené à devenir sujet récepteur multi-compétent, capable de naviguer d’une communauté de discours et de pratiques à une autre. Il se nourrit de la diversité, assure la communication productive entre les objets et les communautés dans la sémiosphère et favorise, par sa seule navigation experte, le développement de la sémiosphère, c’est-à-dire de la culture partagée.