La « sécurité » en fuite : la construction du contrôle à partir des relations entre groupes dans une raffinerie
| Auteur / Autrice : | Fanny Girin |
| Direction : | Pierre Fournier |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sociologie |
| Date : | Soutenance le 21/09/2017 |
| Etablissement(s) : | Aix-Marseille |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École Doctorale Espaces, Cultures, Sociétés (Aix-en-Provence) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire méditerranéen de sociologie (MMSH, Aix-en-Provence ; 1996-2020) |
| Jury : | Président / Présidente : Nicolas Dodier |
| Examinateurs / Examinatrices : Yasmine Siblot, Paul Bouffartigue | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Gwenaële Rot, Cédric Lomba |
Mots clés
Résumé
Le thème de la sécurité invite généralement à aborder les pratiques de travail dans les industries à risques à partir des règles. Cette thèse décale le questionnement vers l’analyse d’une activité non explicitée dans une organisation formelle : l’entretien des installations. Un collectif diffus se forme sur cette base ; il unit plusieurs collectifs situés, définis à partir de l’organisation sans s’y restreindre. L’entretien consiste à rattraper un fonctionnement productif qui échappe continuellement à toute emprise, en raison de la dégradation matérielle des installations et des contraintes de flux tendu. Dans une ambiance d’urgence, les travailleurs essayent d’éviter les accidents et l’arrêt de la production, intriqués et toujours latents. Ils régulent leurs coopérations en essayant d’avoir prise à la fois sur les machines, sur leurs trajectoires professionnelles et, par là, sur la composition des collectifs. Parallèlement, les procédures de sécurité relèvent d’un dispositif bureaucratique plus large, à la fois insaisissable et omniprésent. Au nom de la « sécurité », ce dernier est censé concilier une production en flux tendu avec la prévention des accidents par un contrôle de la main-d’œuvre. Il intervient en pratique comme repère mais surtout en tant que menace : incapables de mesurer les écarts entre la réalité et la prescription, les travailleurs redoutent d’être mis en cause en cas d’accident. Les démarches de participation censées améliorer ce dispositif ne permettent pas de faire valoir le caractère incontrôlable des machines. Les membres du collectif diffus évitent alors de participer pour minimiser l’emprise hiérarchique sur l’ordre social construit en interne.