Thèse soutenue

Mémoire et figures de la violence dans le langage poétique chilien (1950-1980)

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Auteur / Autrice : Nicolas Folch Maass
Direction : Hervé Le Corre
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Études hispaniques et latino-américaines
Date : Soutenance le 03/12/2016
Etablissement(s) : Sorbonne Paris Cité
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Europe latine et Amérique latine (Paris ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : établissement de préparation : Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris ; 1970-....)
Laboratoire : Centre de Recherche Interuniversitaire sur l'Amérique Latine (Paris ; 1992-....)
Equipe de recherche : Centre de recherches interuniversitaire sur les champs culturels en Amérique latine (Paris)
Jury : Président / Présidente : Karim Benmiloud
Examinateurs / Examinatrices : Hervé Le Corre, Karim Benmiloud, Stéphanie Decante-Araya, Raphaël Estève, Daniel Vivès

Résumé

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La dictature de la Junte militaire du Chili (11 septembre 1973 – 1990), dont la violence est d’autant plus marquante qu’elle opère dans une période très récente de l’histoire du pays, interroge l’autonomie du système symbolique des textes littéraires produits dans ce contexte. En effet, c’est la première fois dans l’histoire de la littérature chilienne qu’une grande quantité de textes sont écrits et publiés depuis l’exil ou depuis des centres de détention.Considérant ce phénomène spécifique dans son temps, cette étude s’attache à identifier les figures de la mémoire dans le langage poétique à partir de la figuration de la violence, telle qu’elle s’exprime dans la production de six poètes, qui s’étend sur une période de quarante ans (1950-1980). L’analyse de ces œuvres met en évidence la capacité du langage poétique à transcender la codification d’un contexte aussi important qui n’est pourtant pas l’unique évènement marquant de violence d’Etat dans l’histoire du Chili. L’analyse d’un corpus de textes écrits par Nicanor Parra, Enrique Lihn et Jorge Teiller, références majeures de la poésie de Gonzalo Millán, Tomás Harris et Rodrigo Lira, est présentée selon une double perspective, linguistique et socio-littéraire. La première partie de cette thèse mobilise le concept de « sujet en procès », emprunté à la théorie du langage de Julia Kristeva, Cette perspective a pour ambition d’analyser dans quelle mesure et comment la figuration de la violence constitue une parole de la mémoire et un questionnement sur l’identité nationale dans la poésie chilienne. La deuxième partie s’appuie sur la perspective de la « théorie des champs » et du « pouvoir symbolique » tel que l’envisage Pierre Bourdieu pour analyser l’impact du discours historique de l’identité nationale et sa représentation de l’exercice de la violence dans les champs de la production politique et littéraire.Envisagées dans une perspective moins restreinte à leur contexte socio-historique immédiat de production, les relations qu’entretiennent le langage, la violence et le pouvoir figurent ainsi au cœur de cette recherche.