Thèse soutenue

Gertrude Stein : une poétique du réalisme

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Auteur / Autrice : Chloé Thomas
Direction : Christine Savinel
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Études du monde anglophone
Date : Soutenance le 05/11/2016
Etablissement(s) : Sorbonne Paris Cité
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Études anglophones, germanophones et européennes (2009-2019 ; Paris)
Partenaire(s) de recherche : établissement de préparation : Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris ; 1970-....)
Laboratoire : Langues, Textes, Arts et Cultures du Monde Anglophone
Equipe de recherche : Centre de recherche Littérature et arts du monde anglophone, XIXe-XXe siècles (Paris)
Jury : Président / Présidente : Isabelle Alfandary
Examinateurs / Examinatrices : Christine Savinel, Isabelle Alfandary, Hélène Aji, Vincent Broqua, Antoine Cazé

Résumé

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Gertrude Stein (Allegheny, Pennsylvanie, 1874 – Paris, 1946), figure centrale du modernisme américain, est souvent saluée pour avoir porté très loin une expérience linguistique et grammaticale, au sein d’une œuvre très vaste explorant tous les genres – romans, nouvelles, poèmes longs et courts, essais et conférences, pièces de théâtre, livrets d’opéra, biographies et autobiographies. L’objet de ce travail est d’analyser le rapport que la langue de Gertrude Stein entretient avec le réalisme : comme tradition littéraire d’abord, en réinvestissant l’héritage naturaliste et en l’américanisant par le remplacement de Claude Bernard par William James comme figure tutélaire de la méthode expérimentale ; comme déplacement du réel dans la langue elle-même qui échoue toujours à se réifier tout à fait ; comme injonction à la véracité enfin, dans des fictions plus tardives qui mettent en scène leur propre mauvaise foi et font de l’Amérique le territoire idéal et idéel de l’iréel. Parallèlement, nous tentons de mettre au jour la dynamique des genres qui se joue dans cette conversation renouvelée avec le réalisme, où chaque déplacement au sein d’une poétique mouvante devient une nouvelle façon de mettre la langue à l’épreuve du monde et de sa capacité à le viser. À partir de deux œuvres du début de sa carrière (les trois nouvelles de Three Lives et le long roman The Making of Americans), de sa poésie dite descriptive (les « portraits »), des Stanzas in Meditation et de deux œuvres en prose plus tardives (Four in America et Ida a Novel) nous essayons de comprendre la façon dont Stein envisageait les partitions génériques, notamment entre prose et poésie, et le rôle qu’elle leur donnait dans son parcours artistique et esthétique.