Thèse soutenue

Histoires du livre, visions du sauvage : des manuscrits du Moyen âge aux premiers imprimés du XVIe siècle, le loup à l’épreuve de l’écriture

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Auteur / Autrice : Loren Gonzalez
Direction : Daniel Lacroix
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Lettres modernes
Date : Soutenance le 07/07/2016
Etablissement(s) : Toulouse 2
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Arts, Lettres, Langues, Philosophie, Communication (Toulouse)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Patrimoine, littérature, histoire (Toulouse ; 2007-....)
Jury : Président / Présidente : Joëlle Ducos
Examinateurs / Examinatrices : Daniel Lacroix, Jean-Marie Fritz, Florence Bouchet, Frank Lestringant
Rapporteurs / Rapporteuses : Joëlle Ducos, Jean-Marie Fritz

Résumé

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Au cours des dix siècles que compte le Moyen Âge, l’Occident chrétien est définitivement devenu une civilisation de l’écrit, ce dont témoignent par exemple la production de magnifiques manuscrits enluminés tout au long de cette période. Des manuscrits insulaires du début du IXe siècle aux livres de chasse du XIVe siècle, en passant par les fascinants Bestiaires du Moyen Âge central, cette florissante culture de l’écrit a ménagé une place de choix à l’animalité, aux animaux sauvages et au loup en particulier. Consacré comme parangon du sauvage au moment où l’Europe chrétienne consacrait le culte du livre, le loup et à travers lui l’idée du sauvage ont nourri de riches systèmes de représentations au sein des sources écrites. Avec dans son sillage toute une myriade de figures « lupines », le loup fonctionne ainsi comme un catalyseur à la fois de l’idée du sauvage au Moyen Âge et des enjeux liés à l’essor des traditions écrites. Des Etymologiae d’Isidore de Séville aux Tragiques d’Agrippa d’Aubigné, cette étude vise à mieux comprendre les relations unissant le loup et le sauvage à l’histoire du livre, de la littérature et de la transmission des savoirs. À partir des représentations du loup et des visions médiévales du sauvage, une écriture du sauvage s’est en effet développée au Moyen Âge, voire une poétique inspirée du sauvage mais dont la pertinence demande à être interrogée au prisme de cette révolution dans l’histoire de l’écriture que fut l’invention de l’imprimerie. À une période qui a en partie renié l’imaginaire médiéval et connu tant de bouleversements culturels, pareille écriture pouvait-elle perdurer dans l’empreinte du loup, emblème d’un sauvage « médiéval » ? À la Renaissance, ne s’est-elle pas affranchie des visions médiévales du sauvage pour rencontrer un « nouveau sauvage » aux Amériques ? Des livres alchimiques aux récits viatiques, des poèmes eddiques aux recueils de proverbes, de la littérature hagiographique aux contes de loups-garous, le loup nous entraîne ainsi dans une littérature foisonnante qui interroge la nature de l’homme et son identité multiple, prise dans un jeu incessant de mouvements et de métamorphoses, jusqu’à épouser les arabesques de l’esthétique baroque.