Thèse soutenue

Étude de l'endocytose dépendante de l'ubiquitine du récepteur aux hormones stéroïdes végétales BRI1 et de sa régulation par la température

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Auteur / Autrice : Sara Martins
Direction : Grégory Vert
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Biologie
Date : Soutenance le 31/10/2016
Etablissement(s) : Université Paris-Saclay (ComUE)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences du végétal : du gène à l'écosystème (Orsay, Essonne ; 2015-....)
Partenaire(s) de recherche : établissement opérateur d'inscription : Université Paris-Sud (1970-2019)
Laboratoire : Institut de biologie intégrative de la cellule (Gif-Sur-Yvette, Essonne ; 2015-....)
Jury : Président / Présidente : Herman Höfte
Examinateurs / Examinatrices : Grégory Vert, Herman Höfte, Nathalie Leborgne, Benoît Lefèbvre, Kian Hématy, Yvon Jaillais
Rapporteurs / Rapporteuses : Nathalie Leborgne, Benoît Lefèbvre
DOI : 10.70675/f194626bz8135z4a04z8dedz6ee8e653a51e

Résumé

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Les brassinostéroïdes (BR) sont des hormones stéroïdes végétales qui jouent un rôle dans la croissance et le développement des plantes. Ils sont perçus à la surface cellulaire par le récepteur kinase BRI1 (BR insensitive 1) situé au niveau de la membrane plasmique. La voie de signalisation des BRs implique la cis et trans-phosphorylation de BRI1 et de son corécepteur BAK1 (BRI1 Associated Receptor Kinase 1) et aboutit à la déphosphorylation des facteurs de transcription BZR1 (Brassinazole Resistant 1) et BES1 (bri1-EMS-Supressor 1) et l’activation des réponses génomiques aux BRs. Les mécanismes permettant la dé-activation du complexe de perception des BRs sont encore peu connus mais peuvent impliquer la déphosphorylation de BRI1, la fixation de régulateur négatif comme BKI1, et l’endocytose de BRI1. Mon travail de doctorat a consisté à étudier les mécanismes d’endocytoses et de dégradation de BRI1 et leurs régulations par les conditions environnementales.L’ubiquitination est une modification post-traductionnelle impliquant l’attachement d’un polypeptide d’ubiquitine (Ub) sur une ou plusieurs lysines (K) d’une protéine cible. L’ubiquitine elle-même peut être sujette à l’ubiquitination, créant ainsi des chaînes de poly-ubiquitine (polyUb) qui peuvent adopter des topologies différentes selon le résidu K de l’ubiquitine impliqué dans la formation de la chaîne. Parmi ces chaînes de polyUb, la chaîne impliquant la lysine-63 (K63) est connue pour être impliquée dans la dégradation des protéines par endocytose chez les levures et les mammifères. Néanmoins, peu de choses sont connues sur l’endocytose dépendante de l’ubiquitine chez les plantes. Durant la première partie de ma thèse, j’ai démontré que BRI1 est modifié in vivo par des chaînes de polyUb K63 et j’ai pu identifier des sites putatifs d’ubiquitination dans BRI1. En utilisant une forme artificiellement ubiquitinée de BRI1 ainsi qu’une forme non ubiquitinable de BRI1, j’ai montré que l’ubiquitination joue un rôle sur l’internalisation de BRI1 à la surface cellulaire et est essentielle pour son adressage à la vacuole. Par ailleurs, j’ai établi que la dynamique de la protéine BRI1 médiée par son ubiquitination joue un rôle important dans le contrôle des réponses des BR.La deuxième partie de ma thèse m’a permis de découvrir une connexion entre l’endocytose dépendante de l’ubiquitine de BRI1 et la réponse des plantes à une élévation de température. J’ai notamment montré que l’accumulation de la protéine BRI1 est réduite dans les racines lorsque les plantes sont cultivées à une température plus élevée (i.e. 26°C). Cependant, la forme non ubiquitinable de BRI1 ne répond pas à cette élévation de la température suggérant une implication de l’endocytose dépendant de l’ubiquitine dans de telles conditions. Cette déstabilisation de BRI1 observée à température plus élevée se traduit au niveau moléculaire par une inhibition de la voie de signalisation des BRs et une hypersensibilité à des traitements BRs exogènes. Les plantes répondent à une montée subite de la température par une augmentation de la longueur de l’hypocotyle, des pétioles et de la racine principale ; processus largement sous le contrôle de l’auxine. J’ai accumulé au cours de ma thèse des évidences génétiques et génomiques montrant que la déstabilisation du BRI1 et l’inhibition de la signalisation des BR à plus hautes températures contrôle l’élongation des racines indépendamment de l’auxine. En conclusion, les résultats obtenus indiquent que BRI1 intègre les informations de température et de signalisation des BRs pour ajuster la croissance des racines lors de variations des conditions environnementales.