Thèse soutenue

Professionnaliser pour «marchandiser» (et inversement) : quand l’État accompagne les associations employeuses

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Auteur / Autrice : Simon Cottin-Marx
Direction : Gilles Jeannot
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sociologie
Date : Soutenance le 21/11/2016
Etablissement(s) : Paris Est
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Organisations, marchés, institutions (Créteil ; 2015-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés (Noisy-le-Grand, Seine-Saint-Denis) - Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés (Noisy-le-Grand, Seine-Saint-Denis)
Jury : Président / Présidente : Matthieu Hély
Examinateurs / Examinatrices : Gilles Jeannot, Valérie Boussard, Maud Simonet, Bernard Gomel
Rapporteurs / Rapporteuses : Philippe Bezes

Mots clés

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Résumé

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Dans ce travail de thèse, nous étudions les relations entre associations et pouvoirs publics au prisme du dispositif local d’accompagnement (DLA).Dans la première partie de la thèse, nous nous intéressons à la genèse et à la forme du DLA. Nous observons que le DLA est une politique publique de l’emploi, dont la mise en œuvre est déléguée à des structures porteuses, et que son action vise à aider les associations employeuses à pérenniser leurs emplois et consolider leur modèle économique. L’étude de la genèse de cette politique publique montre l’intérêt grandissant de l’État pour le versant économique des associations et la charge en emplois dont elles sont porteuses. Dans la seconde partie, nous nous intéressons à ceux qui la mettent en œuvre, aux agents de cette politique publique. Si nous observons que le dispositif est structuré et cadré, le métier des chargé-e-s de mission DLA est néanmoins « ouvert » ; ils disposent d’importantes marges dans la réalisation de leur travail. Cependant, malgré cette souplesse, ils partagent le souci de l’emploi, et le travail pour l’emploi se fait. Cette analyse nous amène à avancer que le dispositif étudié relève d’une forme de gouvernement par l’accompagnement. Enfin, dans la troisième partie, nous qualifions l’impact du dispositif sur ses bénéficiaires de « professionnalisation contemporaine ». Les « entreprises associatives » sont poussées à structurer l’organisation du travail, à diversifier leurs ressources, mais aussi à se mobiliser pour leurs emplois. Le DLA participe aussi à implanter des dispositifs de gestion dans les associations employeuses : ceux-ci sont aussi bien appropriés de manière stratégique par les dirigeants associatifs que par les pouvoirs publics. Enfin, l’étude des relations entre associations et pouvoirs publics montre que ces derniers sont morcelés, producteurs d’un environnement incertain et concurrentiel pour les associations.La dynamique observée nous offre des enseignements qui dépasse les effets du DLA ; en effet le dispositif ne fait qu’accélérer un processus en cours. Au final, les transformations observées à l’œuvre dans le monde associatif employeur semblent être le résultat des mutations de l’environnement des associations, lui-même grandement déterminé par les pouvoirs publics.