Thèse soutenue

Ancestralité et migrations urbaines : le cas des Tandroy de Toliara (Madagascar)

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Auteur / Autrice : Elisabeth Rossé
Direction : Sophie Blanchy
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Anthropologie
Date : Soutenance le 10/10/2016
Etablissement(s) : Paris 10
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Espaces, Temps, Cultures (Nanterre, Hauts-de-Seine ; 2000-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative (Nanterre ; 1967-...)
Jury : Président / Présidente : Michael Houseman
Examinateurs / Examinatrices : Sophie Blanchy, Michael Houseman, Michael Joshua Lambek, Laurent Berger, Marc-Éric Gruénais, Nicolas Prévôt
Rapporteurs / Rapporteuses : Michael Joshua Lambek, Solofo Randrianja

Mots clés

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Résumé

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Cette thèse traite de la manière dont les Tandroy, population originaire de l’extrême Sud de Madagascar, produisent leurs identités collectives en situation de migration urbaine dans la ville de Toliara. Les Tandroy, qui vivent depuis près d’un siècle en situation de circulation à travers l’île, sont le plus souvent assignés à un statut de migrants précaires, pour lesquels la ville demeure un espace étranger. Je montre, à travers une ethnographie de situations rituelles, comment cet état de la migration peut être considéré comme un espace de transition, dans lequel se joue le passage d’un état de mobilité à un état d’ancrage. Je montre également comment ce passage implique la remise en cause d’une identité collective construite avec la colonisation, et cristallisée au début des années 1970, époque où sévit une révolte paysanne menée par Monja Jaona, leader politique tandroy d’envergure nationale. Mes enquêtes se situent dans deux domaines, celui de la politique, et celui de la possession. Dans les deux cas, l’ancrage en ville s’exprime de manière paradoxale à partir du maniement de symboles ancestraux, pourtant fragilisés par le phénomène migratoire et jugés inadaptés à l’espace urbain : le poteau sacrificiel hazomanga, et l’esprit de possession kokolampo. Je m’intéresse à la manière dont ces éléments participent à l’élaboration de constructions symboliques confrontant des catégories identitaires articulées à l’expression d’une mémoire collective, et porte une attention particulière à la musique produite dans les situations ethnographiées, laquelle peut amener à une forme alternative de relation à l’identité collective, favorisant l’expérience de l’ancrage.