Thèse soutenue

Ego, unus scilicet antiquorum hominum : sens du passé et pratique antiquaire chez varron

FR  |  
EN  |  
IT
Auteur / Autrice : Irene Leonardis
Direction : Claudia MoattiMario De Nonno
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire
Date : Soutenance le 21/07/2016
Etablissement(s) : Paris 8 en cotutelle avec Università degli studi Roma Tre
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Pratiques et théories du sens (Saint-Denis, Seine-Saint-Denis ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Equipe de recherche : Centre de recherches historiques : histoire des pouvoirs, savoirs et sociétés
Jury : Président / Présidente : Yves Lehmann
Examinateurs / Examinatrices : Claudia Moatti, Mario De Nonno, Elisa Romano
DOI : 10.70675/a3fc4387z58abz4ce7z9385za29497d393eb

Résumé

FR  |  
EN

Cette thèse porte sur une étude des œuvres et des fragments de l’écrivain romain Varron et vise à examiner les intentions dans lesquelles et la façon dont cet érudit se rapportait au passé et à la mémoire collective romaine. Ses recherches sur le passé de Rome semblent motivées et poussées par un contexte de bouleversements socio-politiques et par la révolution culturelle qui eut lieu à la fin de la République (IIe-Ier siècles av. J.-C.). Dans ce moment-là le mos maiorum n’était plus unanimement accepté comme modèle à imiter. Nous avons mis en évidence le conséquent effort de l’auteur pour démontrer l’importance des valeurs civils et moraux, contenus dans le passé ancien de Rome et comparables, selon lui, aux principes éthiques développés par la réflexion philosophique grecque. Son étude du passé visait à rappeler ces valeurs, les boni mores, aux citoyens dont la crise morale avait un reflet dans la crise de la res publica.Comme Cicéron, il semble trouver les causes de cette décadence dans une crise de la mémoire et l’oublie des Romains, qui avec le temps (vetustas) avaient commencé à connaitre seulement superficiellement leur tradition, sans être plus capables d’en mettre en pratique les exempla. Par conséquent, Varron, en ayant examiné les mécanismes du temps et de la mémoire, concevait sa pratique « antiquaire » sur l’histoire et sur les institutions politiques et religieuses de Rome comme réponse à la crise (ruina) de son époque. Grâce à ses compétences étymologiques-antiquaires mais aussi philosophiques, l’érudit arriva à se présenter et à être présenté comme fin connaisseur, interprète et même porte-parole de l’antiquitas. En dépit de la conscience d’être considéré démodé par ses contemporaines, Varron s’efforçait de redéfinir la tradition afin qu’il puisse créer des lieux de mémoire qui auraient toujours rappelés les mores antiqui et l’identité romaine.