Citoyennetés populaires en Suisse : Sociabilités et politique à Renens (1945-2013)

par Yassin Boughaba

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Jean-Noël Retière et de Olivier Fillieule.

Le président du jury était Bernard Voutat.

Le jury était composé de Gianni D'Amato, Cécile Péchu.

Les rapporteurs étaient Céline Braconnier, Laurent Tissot.


  • Résumé

    Cette thèse porte sur les citoyennetés populaires en Suisse, c’est-à-dire les formes plurielles d’implication politique des membres des classes populaires. Elle vise à analyser leurs rapports à la politique, à partir d’une étude localisée portant sur les fractions ‘hautes’ des classes populaires, à savoir des ouvriers et des employés subalternes par ailleurs investis dans les lieux de sociabilité qui fondent la vie politique locale et cantonale. En d’autres termes, il s’agit de mettre au jour les rapports de domination qui traversent les classes populaires et les conséquences de cette segmentation sur leur implication politique. Dès lors, j’ai analysé des engagements partisans, syndicaux, associatifs et électoraux dans différents contextes historiques. En m’appuyant sur des investigations archivistiques et ethnographiques ainsi que sur des données statistiques, je montre que, dans les années 1940, le militantisme d’employés des Chemins de fer fédéraux au sein du Parti Ouvrier et Populaire induit une mise à distance des ouvriers du privé ; que la forte division existant dans les années 1960-1970 entre les ouvriers suisses et les ouvriers immigrés se manifeste par des prises de position xénophobes au sein de la Fédération des travailleurs de la métallurgie et de l’horlogerie ; enfin que, dans les années 2000, la participation de résidents d’origine étrangère au sein des lieux de sociabilité liés à la scène politique – le corps des sapeurs-pompiers et la section locale du Parti Ouvrier et Populaire – se fait sur un mode minorisant.

  • Titre traduit

    Working-Class Citizenships in Switzerland : Sociability and Politics in Rennes (1945-2013)


  • Résumé

    My dissertation examines working-class citizenships, i.e. plural forms of political commitment of deprived individuals. It aims to establish findings on political participation of working-class people from a local study on ‘upper’ working-class, i.e. workers and lower employees who are however involved in volunteering or political activities. The purpose of this piece of research is to identify social divisions among the working-class and their consequences on political participation of deprived individuals. I have analyzed several commitments – in parties, unions, associations and during elections – in different historical contexts. Drawing on historical and ethnographic inquiries as well as statistical data, this study shows that the commitment in the Parti Ouvrier et Populaire of workers of the Swiss Federal Railways in the 1940’ is related to an exclusion of workers of the private sector; that the division between Swiss workers and foreign workers appears in the xenophobic statements held in the Swiss Workers’ Union during the 1960’ and the 1970’; and finally that, in the 2000’, although foreign residents are now involved in volunteering and political activities – the volunteer fire department and the local committee of the Parti Ouvrier et Populaire –, they are still discriminated in these organizations.

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