Thèse soutenue

La performativité du langage constitutionnel

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Auteur / Autrice : Florent Larroque
Direction : Alexandre Viala
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Droit Public
Date : Soutenance le 05/12/2016
Etablissement(s) : Montpellier
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Droit et Science politique (Montpellier ; 2010-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre d'études et de recherches comparatives constitutionnelles et politiques (Montpellier) - Centre d'Etudes et de Recherches Comparatives constitutionnelles et Politiques / CERCOP
Jury : Président / Présidente : Pierre-Yves Gahdoun
Examinateurs / Examinatrices : Alexandre Viala, Pierre-Yves Gahdoun, Jean-Marie Denquin, Jean-Yves Chérot, Étienne Picard
Rapporteurs / Rapporteuses : Jean-Marie Denquin, Jean-Yves Chérot

Résumé

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Depuis Austin et ses travaux sur les énoncés performatifs, il est d’acception commune que le langage ne sert plus seulement à décrire une réalité mais aussi à agir, à créer sa propre réalité. Si le droit est d’abord un langage avant d’être une norme, cette dernière dépendrait, tant dans sa nature que dans sa force, d'une faculté spécifique de son énonciation. Tel est le point de départ de l’étude sur la performativité du langage constitutionnel, une performativité qui en ferait un langage spécifique, pour un droit singulier. Sa particularité viendrait ainsi d’un acte de langage qui serait propre au dire constituant, un dire créateur d’un état de chose qui ne tiendrait son existence que de lui. Cette capacité créatrice du langage fait apparaître le langage constitutionnel comme un langage qui constitue un monde, un ordre juridique, plutôt qu’il le régulerait. La norme constitutionnelle se présente comme une norme qui n’est pas comme les autres, chargée d’une normativité atypique. C’est ici l’apport de la distinction searlienne entre les règles constitutive et normative. La règle constitutionnelle se singularise donc in fine vis-à-vis de la règle inférieure par sa dimension constitutive, indépassable, intransgressable, que le juge constitutionnel accepte et entretient à travers sa jurisprudence.