Thèse soutenue

Cicéron et la Commune : présence(s) d’une autorité rhétorique et politique dans la culture civique citadine : (XIIIe-XIVe siècles)

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Auteur / Autrice : Carole Mabboux
Direction : Guido Castelnuovo
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire
Date : Soutenance le 06/12/2016
Etablissement(s) : Université Grenoble Alpes (ComUE) en cotutelle avec Università di Torino
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale sciences de l'homme, du politique et du territoire (Grenoble ; 2001-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire Langages, littératures, sociétés, études transfrontalières et internationales (Chambéry ; 2013-...)
Jury : Président / Présidente : Patrick Boucheron
Examinateurs / Examinatrices : Enrico Artifoni, Fulvio Delle Donne
Rapporteurs / Rapporteuses : Benoît Grévin, Giuliano Milani
DOI : 10.70675/90543373zf711z4699za6c9z000515bb4d44

Résumé

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Influencée par un Quattrocento florentin ravivant l'héritage républicain romain, l'historiographie anglo-saxonne a souvent tenu pour acquise la soumission des idéaux communaux à la figure tutélaire de Cicéron. Cette lecture à rebours n'a pourtant suscité que très peu d'études relatives aux manifestations médiévales du personnage et de ses textes dans le cadre italien. Alors que le trivium l'a consacré magister eloquentiae dès l’Antiquité tardive, naîtrait au XIVe siècle la figure républicaine de Cicéron, symbole d’une élite culturelle investie dans la défense civique. Comment se produit cette transition entre moraliste christianisé et le sénateur romain ? Quel rôle tient le fil rouge rhétorique dans cette mutation? L'enquête mêle dictamina, libri de regimine, volgarizzamenti mais également poèmes historiques et traités moraux pour montrer à quelles conditions l’orateur romain a été présenté en promoteur de la vita activa et rénovateur de l’éloquence civique au sein des cités. Le portrait donné de Cicéron par les intellectuels communaux n’a, en effet, rien d’unanime. À la croisée de l’histoire culturelle et de l’histoire sociale, cette recherche entend, à travers la figure cicéronienne, interroger la spécificité de l’expérience civique communale et de ses expressions textuelles. La thèse questionne, dans le même temps, les modes de légitimation des élites citadines. Parallèlement, elle s’interroge sur le degré de conciliation permis entre les thèses cicéroniennes, une moralisation chrétienne de la parole et une redécouverte des œuvres d’Aristote en contexte communal au cours de la seconde moitié du XIIIe siècle. L’étude se clôt aux prémices de l’humanisme qui, grâce à la redécouverte de la correspondance cicéronienne, confronte pour la première fois l’individu aux portraits politiques qui en ont été faits et constitue une profonde désillusion pour ses admirateurs. Citoyen exemplaire d'une certaine commune populaire, Cicéron retourne à un statut plus contemplatif d’homme de lettres alors que se pérennisent les expériences seigneuriales.