Thèse soutenue

Du signe au blason : description des robes et des marques distinctives du bétail chez les Peuls Fulaabe de l’est du Sénégal

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Auteur / Autrice : Sada-Mamadou Ba
Direction : François Dumont
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Anthropologie
Date : Soutenance le 14/01/2016
Etablissement(s) : Paris, EPHE
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de l'École pratique des hautes études (Paris)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut des mondes africains (France ; 2014-....)
Jury : Président / Présidente : André Bourgeot
Examinateurs / Examinatrices : François Dumont, André Bourgeot, Anne-Marie Brisebarre, Anne Fournier, Christiane Seydou, Olivier Kyburz
Rapporteurs / Rapporteuses : Anne-Marie Brisebarre, Anne Fournier

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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La capacité de reconnaître des différences, parfois extrêmement ténues, entre chacune des têtes de bétail qui compose son troupeau, implique pour le berger Peul un long apprentissage. D'un berger devenu ''expert'' dans l'art de savoir lire des différences qui échappent à d'autres bergers moins expérimentés, l'on peut dire qu'il a le ganndal, le savoir. L'aptitude à saisir de menues différences entre les unités du troupeau sur la base de plusieurs critères (couleurs et ''marques'' de la robe, formes et dimensions des cornes, etc..) relève d'un ganndal qui, certes est très valorisé mais qui ne suffit pas à faire de l'homme qui a une telle aptitude, un véritable ''savant''. En revanche, la capacité à découvrir sous l'ensemble des traits qui font de tel ou tel individu une entité singulière, des formes d’agencements de signes au travers desquelles peuvent se lire les marques d'un destin, vaut à ce découvreur une réputation d'une toute autre nature. L'homme qui jouit d'une telle réputation est considéré comme une sorte de visionnaire du monde invisible, un Siltigui, et se trouve tout à la fois craint et respecté. On dira de celui qui a atteint ce stade de ganndal qu’il sait le sifa. C'est le sifa comme mode spécifique de vision et de savoir qui constitue dans la culture peule l'idéal intellectuel et éthique. Cet idéal n'est pas à proprement parler un idéal individuel. Chaque famille, chaque segment de lignage, chaque groupe local, chaque tribu, cherche à se valoriser en se prévalant du patrimoine de richesse que détient son groupe en matière de ganndal. Ce patrimoine est jalousement gardé et l'on prend toutes sortes de mesures pour empêcher les groupes rivaux de se l'approprier.