Thèse soutenue

Résilience des Baka face aux mutations socio-environnementales (Cameroun)

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Auteur / Autrice : Jean-Pierre Nguede Ngono
Direction : Jean-Paul ColleynGodefroy Ngima Mawoung
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Anthropologie sociale et ethnologie
Date : Soutenance en 2016
Etablissement(s) : Paris, EHESS en cotutelle avec Université de Yaoundé I

Résumé

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Cette thèse propose une analyse approfondie de la résilience des mutations socio-environnementales au sein de deux communautés autochtones de chasseurs/cueilleurs, les Baka et les Bakola du Cameroun. Ces communautés qui jadis nomades, habitaient la forêt où ils tiraient l’essentiel de leur vie et survie. Aujourd’hui qu’elles ont été déplacées de leurs terroirs ancestraux pour des raisons de création d’aires protégées, de complexes agro-industriels, d’exploitation forestière et d’exécution de grands projets miniers, ces communautés sont plus que jamais en contact permanent avec des « grands noirs » ou bantous qui influencent en grande partie leurs modes de vie (chasse, cueillette et pêche) et conditionnent très souvent leur devenir. Pour faire face à ces mutations, l’Etat du Cameroun et des Organismes nationaux et internationaux à travers de vastes Programmes, accompagnent progressivement les Baka et les Bakola à se reconstruire une nouvelle vie qui intègre les exigences de la « modernité ». Malgré cet accompagnement, ces peuples restent encore sous l’emprise de grands fléaux tels que : l’alcoolisme, les maladies, la malnutrition, la marginalisation, la sous scolarisation, la non reconnaissance de leurs droits, etc. Comment réagissent-ils face aux mutations survenues dans leur vie ? La thèse vise à identifier les différentes mutations, à les décrire et d’en analyser les stratégies mises sur pied par des Baka et des Bakola pour s’y adapter. Certaines mutations peuvent apparaître en surface sans pour autant remettre en cause de manière fondamentale leur attachement à la forêt et à certaines valeurs ancestrales. Toutefois, les différentes pressions exogènes (i. E. Sédentarisation, mondialisation) et endogènes (i. E. Attitude des individus, transmission) qui déterminent le degré d’avancement des différentes mutations ne doivent pas être sous-estimées, en tant qu’elles sont une menace pesant sur leur développement. Le concept de résilience s'avère opératoire pour évaluer l'adéquation des politiques d'accompagnement des minorités par les acteurs de développement et un outil de compréhension de l'adaptabilité de ces sociétés en transition rapide.