Thèse soutenue

Mouvements sociaux et économie solidaire : penser les interactions à travers l'exemple de la consommation

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Auteur / Autrice : Magali Zimmer
Direction : Jean-Louis Laville
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sociologie du travail
Date : Soutenance le 07/12/2016
Etablissement(s) : Paris, CNAM
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Abbé Grégoire (Paris)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (Paris)
Jury : Président / Présidente : Bruno Frère
Examinateurs / Examinatrices : Jean-Louis Laville, Geoffrey Pleyers, Sandra Bertezene
Rapporteurs / Rapporteuses : Yuna Chiffoleau, Salvador Juan

Résumé

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La dimension politique des réseaux d’économie solidaire est généralement abordée sous l’angle des relations avec l’État, délaissant les relations avec les mouvements sociaux. Notre thèse repose sur le postulat selon lequel l’une des caractéristiques majeures des réseaux d’économie solidaire tient à la recherche d’un changement social, cette recherche se traduisant par des actions orientées tant vers les adhérents que vers les institutions en place. De là découlent des liens forts avec les mouvements sociaux. Nous prenons comme objet d’étude deux types d’associations, Artisans du Monde et les Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne (AMAP), dont le point commun est d’établir des échanges économiques entre producteurs et consommateurs dans un but d’entraide. L’apparition de ces deux associations dans des contextes spécifiques marque un renouvellement des pratiques de consommation. L’objectif principal de notre thèse est alors d’étudier l’évolution des répertoires d’interprétation de ces deux associations au cours du temps. Cette évolution est saisie comme le résultat de leur inscription dans un réseau dense d’interactions. La thèse s’organise en trois parties. La première partie présente les outils conceptuels développés par la sociologie des mouvements sociaux en vue de choisir ceux qui nous semblent pertinents pour l’étude des liens entre les mouvements sociaux et les réseaux d’économie solidaire. Elle s’achève par la proposition d’un cadre théorique original adapté à notre objet. La deuxième partie et la troisième partie visent à mettre à l'épreuve du terrain ce cadre théorique à travers l'étude de deux cas : Artisans du Monde et les AMAP. Les outils conceptuels développés par la sociologie des mouvements sociaux s’avèrent pertinents pour l’étude des associations choisies, et en particulier les concepts de répertoire d’interprétation et de réseau. Nous montrons ainsi que les emprunts de cadres d’action collective entre réseaux d’économie solidaire et organisations du mouvement social sont des processus fréquents qui loin de se limiter à la phase d’émergence se poursuivent au cours de leur développement ultérieur. Les deux associations étudiées recourent, en effet, à tout un ensemble de pratiques et d’énoncés discursifs provenant des interactions propres au réseau dans lequel elles se trouvent insérées. Enfin, les concepts de cadrage diagnostique et pronostique se révèlent être des outils analytiques essentiels pour saisir les composantes de l'identité collective des associations étudiées.