Thèse soutenue

L'enfant en situation d'apprentissage scolaire confronté au secret de filiation : Transmission et processus de symbolisation

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Auteur / Autrice : Christine Mazars
Direction : Marie-Claude Fourment-Aptekman
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Psychologie
Date : Soutenance le 15/12/2015
Etablissement(s) : Sorbonne Paris Cité
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Érasme (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis)
Partenaire(s) de recherche : établissement de préparation : Université Sorbonne Paris Nord (Bobigny, Villetaneuse, Seine-Saint-Denis ; 1970-....)
Jury : Président / Présidente : Éric Bidaud
Examinateurs / Examinatrices : Olivier Douville
Rapporteurs / Rapporteuses : Leandro de Lajonquière, Ana Maria Medeiros da Costa

Résumé

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L’entrée à la « grande école » représente un passage : de l’école maternelle à l’école élémentaire, il s’agit symboliquement pour l’enfant de se séparer davantage de ses parents et d’entrer sur la voie des apprentissages. Or, quelquefois le développement de troubles comportementaux est corrélé à ce passage. Parmi les enfants qui présentent de tels troubles certains sont soumis à un secret de filiation. La situation d’apprentissage, en encensant le savoir, fait flamber la problématique de l’enfant concernant ses origines et génère un conflit intrapsychique qui se traduit dans le comportement explosif. L’enfant doute d’être le rejeton de ses parents et il les soupçonne de dissimuler « la vérité ». Il est partagé entre le désir et l’interdit de savoir. Les parents font obstacle à la transmission de ce savoir car leur relation avec l’enfant s’est fondée sur un mensonge par omission et ils craignent d’être désavoués si l’enfant apprenait qu’ils ont menti. Malgré les mots tus et les non-dits, la relation aux savoirs scolaires n’est pas entachée ; au contraire, les enfants sont avides de connaissances. Mais face au silence de sa famille, la résistance de l’enfant s’érige dans son corps et son langage subversifs : à l’école, la relation aux autres est investie sur un mode agressif, revendicatif et le mensonge est presque une seconde nature. Toutefois, révéler le secret de filiation n’a pas les effets escomptés pour l’école ; c’est-à-dire la disparition du trouble du comportement. L’enfant ne renonce pas facilement aux bénéfices secondaires que lui procurait son symptôme. D’autre part, le fonctionnement psychique de l’enfant s’était clivé à partir de la dichotomie entre famille, lieu du secret, et école, lieu du savoir ; un temps de latence est donc logiquement nécessaire, suite à la révélation du secret, pour que l’enfant puisse réaliser un travail de réélaboration psychique de sa place dans la généalogie et l’histoire familiale. Pourtant, le risque d’une rupture entre institution scolaire et famille est constamment présent avec le spectre d’une exclusion de l’école, voire d’une déscolarisation.