Thèse soutenue

Tours et détours du genre : les avatars de l'écriture féminine africaine américaine autour de Harriet Jacobs, Harriet Wilson et Hannah Crafts

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Auteur / Autrice : Karima Zaaraoui
Direction : Patrick Badonnel
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Études du monde anglophone
Date : Soutenance le 22/01/2015
Etablissement(s) : Sorbonne Paris Cité
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Études anglophones, germanophones et européennes (2009-2019 ; Paris)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherche sur les mondes anglophones (Paris ; 2009-....)
établissement de préparation : Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris ; 1970-....)
Jury : Président / Présidente : Redouane Abouddahab
Examinateurs / Examinatrices : Patrick Badonnel, Redouane Abouddahab, Françoise Clary, Claude Maisonnat, Taïna Tuhkunen
DOI : 10.70675/ab8fd0e9z4fccz495fzb078zcb9822db389f

Résumé

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L’étude comparative de Incidents in the Life of a Slave Girl (Harriet Jacobs), Our Nig ; Sketches from the Life of a Free Black (Harriet Wilson) et The Bondwoman’s Narrative (Hannah Crafts) s’attache à ouvrir de nouvelles perspectives sur la singularité du sujet féminin noir dans les anfractuosités de l’écriture autobiographique du récit d’esclave. Si ces femmes auteurs se constituent en témoins privilégiés de la condition féminine noire de l’Amérique « antebellum », elles n’engagent pas moins leur plume dans l’activisme. L’enjeu de cette thèse est de revenir sur les liens entre écriture et féminin en prenant comme point de départ l’œuvre elle-même, fût-elle autobiographie ou fiction. La saisie de soi et du monde et la quête identitaire sont des thèmes fondamentaux de la tradition romanesque africaine américaine où des voix marquantes se succèdent. L’affranchissement du genre autobiographique s’affirme comme instance de survie où la mise en perspective de la fiction permet de révéler la vérité du sujet. Ainsi, la question du genre constitue la trame de ce panorama où sont examinés la nature du discours du sujet noir, l’écriture du corps féminin, et le théâtre « ima-gyn-aire » d’un sujet en crise. En véritable héritière de Dickens et Byron, Hannah Crafts s’attache à créer des correspondances entre les genres, tandis que Harriet Wilson adresse une lettre ouverte à Emerson et Harriet Jacobs subvertit le roman sentimental. Ces trois femmes situent, contre toute attente, l’esthétique du récit d’esclave au carrefour de la littérature autobiographique, sentimentale, gothique et picaresque. Nous verrons, à travers ce travail, que ce n’est pas tant l’anatomie qui distingue le sujet mais plutôt la façon qu’a le sujet de se ranger d’un côté ou de l’autre du genre ; le sujet féminin peut désormais évoluer dans un nouvel espace le libérant de l’emprise du masculin. Cette thèse est également l’occasion d’une réflexion sur la dialectique de l’historicité et la littérarité où l’engagement politique de l’auteur du récit d’esclave, qui est appelé à s’imposer comme littérature, invite à porter un nouveau regard sur la production littéraire féminine avant-gardiste, et ainsi donner un nouvel élan à la littérature africaine américaine.