Les temps de l'action : Hannah Arendt, Michel Foucault et l' Antiquité
| Auteur / Autrice : | Meghann Cassidy |
| Direction : | Bertrand Binoche |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Philosophie |
| Date : | Soutenance le 22/06/2015 |
| Etablissement(s) : | Paris 1 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Philosophie (Paris ; 1998-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Equipe de recherche : Centre d'histoire des philosophies modernes de la Sorbonne (Paris ; 1983-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Stéphane Haber |
| Examinateurs / Examinatrices : Bertrand Binoche | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Judith Revel, Frédéric Gros | |
| DOI : | 10.70675/9c40f077z9219z4362zac62z32568a98a3c3 |
Mots clés
Résumé
Le point de départ de ce travail est une réflexion sur le concept de l’événement dans la philosophie contemporaine. Nos recherches sur l’usage de ce concept révèlent la polysémie du terme et, pour la philosophie politique française notamment, deux défauts : une incapacité d’établir des critères opératoires pour la pratique de l’histoire; une tendance à réduire l’action politique à sa conjoncture historique. Hannah Arendt et Michel Foucault, plus particulièrement dans son « tournant éthique », se confrontent à ce dernier problème du rapport entre l’action politique et le temps historique : chez eux, le terme « événement » ouvre sur la participation politique du philosophe/théoricien qui se penche sur des événements particuliers et qui articule leur sens dans sa propre actualité. Mais pour penser cette relation entre action politique contemporaine et histoire, nos deux auteurs ne sont pas contentés de retravailler un concept de l’événement ν ils se sont tournés vers des concepts, des pratiques et des événements « prémodernes », élaborées notamment en Grèce et à Rome. De là, une question fondamentalement historique : étant donné la réinsertion de l’action dans l’histoire opérée par le topos contemporain de l’événement, étant donné la critique de l’histoire et du sujet modernes, quels sont les rapports principaux entre l’histoire et l’action dans la prémodernité ? Après avoir parcouru les topoï historiques des temps prémodernes, nous reviendrons vers Arendt et Foucault pour interroger leurs propres représentations de l’Antiquité et de ses « formes de vie » : le souci de soi et le philosophe, la polis, l’autorité et l’acteur. Ces descriptions mèneront à une analyse du tempshistorique que ces représentations présupposent, mais aussi celle de leur fonction performative, voire transformatrice. Ces analyses confirmeront notre hypothèse, à savoir que des concepts historiques prémodernes sont, à certains égards, reconduits sous la plume d’Arendt et de Foucault.