Gouverner l'islam à l'étranger : les champs religieux musulmans turc et marocain en France et en Allemagne
| Auteur / Autrice : | Benjamin Bruce |
| Direction : | Catherine Wihtol de Wenden |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Science politique |
| Date : | Soutenance le 15/01/2015 |
| Etablissement(s) : | Paris, Institut d'études politiques |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École de la recherche de Sciences Po (Paris ; 1995-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de recherches internationales (1952-.... ; Paris) |
| Jury : | Président / Présidente : Matthias Koenig |
| Examinateurs / Examinatrices : Catherine Wihtol de Wenden, Jonathan Laurence, Olivier Roy, Bayram Balci | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Jonathan Laurence, Olivier Roy |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Au cours des cinquante dernières années, les communautés turques et marocaines sont devenues les deux groupes diasporiques les plus importants en Europe occidentale, notamment en Allemagne et en France. Les États d’origine de ces populations ont développé de nombreuses politiques envers leurs ressortissants à l’étranger, parmi lesquelles l’islam occupe un lieu privilégié. Depuis des décennies, les instances étatiques officielles chargées de la gouvernance du religieux en Turquie et au Maroc, à savoir la Présidence des Affaires Religieuses (Diyanet İşleri Başkanlığı) et le Ministère des Habous et des Affaires Islamiques (MHAI), soutiennent des groupes musulmans en France et en Allemagne par le biais de divers moyens, allant de l’envoi d’imams à des financements de mosquées.Comment et pourquoi la Turquie et le Maroc réussissent-ils à gouverner l’islam au-delà de leurs frontières nationales, et quelles en sont les conséquences pour le développement des champs religieux musulmans de France et d’Allemagne ? Cette étude conclut qu’à la différence de la France et de l’Allemagne, la Turquie et le Maroc conçoivent la gouvernance du religieux comme un domaine distinct de la politique publique, et ce même à l’étranger. Grâce à la coopération diplomatique et à la convergence d’intérêts interétatiques, ces deux États ont étendu leur rayonnement dans le champ religieux transnational. Ceci se manifeste par le soutien d’un modèle d’autorité religieuse légale-rationnelle et une forme d’islam national, afin de renforcer la position des instances de gouvernance du religieux des États d’origine ainsi que les frontières ethno-nationales dans les champs religieux musulmans à l’étranger.