Thèse soutenue

Le chant de la violence collective : l'imaginaire persécuteur dans les versions françaises de la "Chanson de Roland"

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Auteur / Autrice : Mathieu Dijoux
Direction : Philippe Walter
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Recherches sur l’imaginaire
Date : Soutenance le 04/06/2015
Etablissement(s) : Université Grenoble Alpes (ComUE)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale langues, littératures et sciences humaines (Grenoble, Isère, France ; 1991-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherche sur l'imaginaire (Grenoble ; 1966-2014)
Jury : Président / Présidente : Philippe Haugeard
Examinateurs / Examinatrices : Alvaro Barbieri
Rapporteurs / Rapporteuses : Claude Lecouteux

Mots clés

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Résumé

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La thèse entend proposer un commentaire de la Chanson de Roland, fondé sur l'analyse minutieuse de toutes les variantes qui nous soient parvenues. Cette prise en considération de l'ensemble des versions françaises, rompant avec le dogme de la précellence du manuscrit d'Oxford, s'explique logiquement par la nature mouvante des œuvres médiévales, mais s'enracine aussi dans la conviction d'une texture mythique du poème de Roncevaux. Aussi le recours à la mythologie comparée constitue-t-il une ligne de force majeure du présent travail : s'inscrivant dans la tradition des études indo-européennes telles que Georges Dumézil a contribué à les fonder, la thèse propose une comparaison morphologique entre les mythes de Baldr et de Roland. Cet essai de mythologie comparée forme un premier temps dans l'analyse de la texture mythique du poème et peut être considéré comme autonome. Il s'articule cependant avec le travail de comparaison typologique qui lui succède. La thèse se propose en effet d'étudier la Chanson de Roland à la lumière de l'hypothèse victimaire élaborée par René Girard, qui permet de penser sous un jour nouveau l'esthétique et l'idéologie de la chanson de geste. De fait, la poétique de la répétition et l'art de la symétrie sont justiciables de la théorie du désir mimétique, tout comme la crise épique entretient des analogies étroites avec le modèle de la crise sacrificielle. C'est autour de la question anthropologique de la violence et de l'ambiguïté de la figure du guerrier mythique que ce travail réconcilie deux méthodes réputées incompatibles et pourtant complémentaires dans l'analyse qu'elles proposent de l'ambivalence des héros épiques.