Une expérience française des Balkans ? : ruptures d'intelligibilité et mobilisations citoyennes face aux crises roumaine et yougoslaves (1989-1999)
Auteur / Autrice : | Anne Madelain |
Direction : | Marie-Élizabeth Ducreux-Lakits |
Type : | Thèse de doctorat |
Discipline(s) : | Histoire et civilisations |
Date : | Soutenance en 2015 |
Etablissement(s) : | Paris, EHESS |
Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales |
Jury : | Président / Présidente : Antoine Marès |
Examinateurs / Examinatrices : Christophe Prochasson, Nadège Ragaru | |
Rapporteur / Rapporteuse : Bernard Lory, Dubravka Stojanović |
Résumé
La thèse a pour objet les perceptions, les représentations et les questionnements produits en France par les crises que traverse la péninsule balkanique entre 1989 et 1999, en particulier par la crise « humanitaire » en Roumanie après la chute de Nicolae Ceausescu et par l'éclatement sanglant de la Yougoslavie. Ces événements ont été l'occasion d'interventions politiques, militaires, médiatiques ou humanitaires d'un type nouveau dans lesquels la France a été fortement impliquée. Leur observation et leur traitement ont provoqué des ruptures d'intelligibilité, sensibles dans la multiplication des discours stéréotypés qui essentialisent les Balkans et ses violences mais aussi, et surtout en France, dans la mobilisation d'individus et de collectifs associatifs qui y ont vu des causes européennes à défendre. En interrogeant les cadres temporels et conceptuels qui conditionnent cette expérience des années 1990, on saisit des continuités qui ont influé durablement sur les perceptions et la connaissance de la région, tels que l'absence de familiarité, les filtres militants et idéologiques, la fascination pour la culture dite populaire, qui renvoient à un vécu hexagonal marqué par la conception unitaire de l'État et par une culture républicaine et universaliste. Sur les cas de ces crises balkaniques des années 1990, la thèse interroge les cadres nationaux et transnationaux dans lesquels se (re)composent les discours sur la nation, l'ethnicité et l'engagement politique dans le contexte d'une Europe bouleversée par la fin du communisme. Elle questionne enfin le rapport entre expérience et connaissance à une période où ce rapport est profondément remis en cause.